Editorial : La famille Koumé expulsée manu militari de sa maison

Le 21 octobre à la mi-journée un huissier de justice accompagné de sept véhicules de police débarque dans la famille Koumé dont la maison se trouve au milieu du quartier Ilot L, à quelques encablures de Mauritanie-Couleurs.

La famille est sommée de quitter les lieux sans autre forme de procès. Et depuis c’est le branlebas de combat.

Ce jour-là la famille Koumé a vécu un calvaire. De 13 heures à 22 heures les policiers ont supervisé l’opération et les bagages de la famille ont été jetés dehors, dans la rue adjacente.

Et les membres de la famille aussi, y compris les personnes vulnérables dont une jeune femme malade qui venait d’accoucher.

La maison en question est au centre d’un litige et le plaignant du nom de Ahmed Salem Ould Sidi, qui revendique la propriété de la maison ne dispose pas d’arguments valables, à en croire Mr Thiam qui a suivi le dossier depuis le début.

Selon Mr Thiam greffier au moment des faits Mr Koumé décédé depuis, avait acquis cette maison après avoir contracté une dette auprès de la BMDC. La dette avait été payée partiellement. Il restait un montant. Et quand la BCM voulait liquider des banques dont la BMDC, une agence avait été créée du nom de l’ARCB. Mr Koumé avait alors envoyé de l’argent à B.H, un ancien haut responsable de l’Etat qui a réglé le montant restant.

A noter que Mr Koumé, un diamantaire émigré au Congo Brazzaville fut un richissime commerçant. Il avait investi dans le commerce des tissus et dans le transport des marchandises.

Ses camions et son commerce avaient été pillés lors des événements de 1989 dont il fut une victime collatérale.

Donc après le payement du reliquat dû à la banque Mr Koumé avait obtenu une main levée sur le titre foncier de sa maison revendiquée actuellement par une tierce personne qui affirme avoir acquis ledit titre foncier avec une somme de 3 millions d’ouguiyas.

Curieusement il n’y a aucun document le prouvant. En effet la maison avait été adjugée à l’ARCB qui a fait une main levée sur le titre foncier. Et toutes les pièces existent.

Selon Mr Thiam, la partie plaignante a falsifié des documents. Et la preuve affirme-t-il quand on l’a convoqué devant le pénal il a fui, et pendant 17 ans.

Et maintenant il revient et tente une nouvelle fois d’obtenir quelque chose du côté de la chambre civile où on a rejeté son dossier.

Et voulant faire de cette histoire une affaire pénale, il est finalement décédé. Mais ses enfants sont venus à la rescousse, ont pris le relais et voulu bousculer les choses.

Seulement selon Mr Thiam, ils perdent leur temps car la famille Koumé dispose du document permettant de remettre en cause le faux titre foncier qu’ils brandissent.

Et ils ont tenu à sortir la famille Koumé de sa maison mais cela assure Mr Thiam ne les mènera à rien car la main levée sur le titre foncier leur coupe l’herbe sous les pieds.

Maintenant on se demande comment on en est arrivé là ? La justice devrait faire son travail et remettre la famille Koumé le plus tôt possible dans ses droits.

Il est inadmissible que dans un état de droit on s’en prend à une famille respectable dont le seul tort est de réclamer ses droits.

Depuis le 21 octobre et jusqu’à ce jour, les membres de cette famille qui campent dans la rue devant leur maison, subissent les brimades de la police.

Tous les jeunes de la famille ont été amenés aux commissariats 1 et 2 du Ksar. Depuis 2 jours les 5 jeunes y passent la nuit.

Et aujourd’hui la police a débarqué dans le squat de la famille pour obliger la vieille mère à aller au commissariat.

Les autorités doivent intervenir pour régler cette grave affaire qui ternit l’image de la justice et de l’Etat.

Bakari Gueye

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