Troisième mandat : pour un débat lucide, objectif et fondé sur l’intérêt général

À mes amis auditeurs,

À ceux de mes amis auditeurs qui me demandent avec insistance de m’exprimer, au nom de l’Institut 2 IRES, de manière objective et lucide, et dans l’intérêt général, sur la question de la limitation ou de l’ouverture des mandats présidentiels — ce qu’il est désormais convenu d’appeler la question du « troisième mandat » — je voudrais répondre ce qui suit.

D’abord, comme vous le savez, mon silence ne traduit nullement un manque d’intérêt pour cette question. Je suis, avec beaucoup d’attention, les différentes positions prises aussi bien par les partisans que par les adversaires du troisième mandat.

Mais je constate, avec amertume et regret, que les positions des uns et des autres sont trop rarement fondées sur des arguments rationnels, théoriques et doctrinaux, inspirés de la théorie démocratique, de l’expérience vécue ici et ailleurs, ou encore d’une analyse sérieuse du contexte national, régional et international.

Nous entendons trop souvent des slogans : « Oui » ou « Non », exprimés sans véritable conviction argumentée. Au mieux, certains semblent dire : « Je trouve mon compte personnel avec le Président actuel, donc je suis favorable à une prolongation » ; d’autres, à l’inverse, semblent prendre pour alibi le respect de la Constitution parce qu’ils ne trouvent pas leur compte dans la situation politique actuelle.

Or, qu’il s’agisse de limiter le mandat présidentiel à deux mandats ou de permettre un troisième mandat, moyennant éventuellement une modification des conditions constitutionnelles, chacune de ces options présente des avantages et des inconvénients.

Ces avantages et ces inconvénients doivent être placés sur les deux plateaux de la balance, afin de déterminer objectivement lequel pèse le plus lourd et d’en dégager le solde — pour reprendre le langage de la comptabilité.

C’est cette démarche que je considère comme indispensable : examiner les arguments favorables et défavorables, en mesurer les conséquences, les confronter à notre histoire, à notre réalité nationale, puis seulement tirer une conclusion.

Mais je sais aussi que, dès que je commencerai à placer un argument positif ou négatif sur l’un des plateaux de la balance, la partie qui se sentira confortée applaudira, tandis que l’autre me huerá.

Je ne recherche ni les applaudissements des uns ni les huées des autres.
Ce que je recherche, c’est une réflexion libre, rationnelle, lucide et responsable, guidée par le seul souci de l’intérêt général et de l’avenir de notre pays.

Je regrette également que les mandants et les mandataires éternels de la déstabilisation de notre pays puissent trouver, dans l’ouverture éventuelle de ce débat — surtout lorsqu’elle est anticipée et précipitée — une occasion d’appeler à la confrontation et de rechercher une nouvelle déstabilisation de notre chère patrie.

Notre pays a besoin de responsabilité, de sérénité et de hauteur de vue.

Je crois profondément que chaque chose a son temps et que chacun doit jouer un rôle positif, ici et maintenant, dans notre chère patrie, quelle que soit la position qu’il occupe.

C’est dans cet esprit que je continuerai à réfléchir et, le moment venu, à m’exprimer : non pas pour plaire à un camp ou combattre un autre, mais pour contribuer, autant que possible, à une discussion nationale sérieuse, dépassionnée et utile à la Mauritanie.


Mohamed ould Mohamed El Hacen
President- fondateur de l’Institut
International de recherche et d’Etudes strategiques 2 Ires
22Aout 2026

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