Entretien avec la coordinatrice du projet AFIA : «Les populations comprennent que les enfants en mobilité sont vulnérables et ont besoin de protection»

Pendant l’étape de Rosso Mauritanie de la caravane de Save the Children pour la protection des enfants en mobilité, nous avons rencontré Haby Seck, Coordinatrice du projet AFIA. Un projet financé par l’Union Européenne et mis en œuvre par Save the Children en collaboration avec le ministère des affaires sociales de l’enfance et de la famille. Entretien.

Initiativenews : Présentez-nous le projet AFIA

AFIA est un projet de renforcement des capacités pour améliorer la prise en charge des enfants en mobilité. C’est un projet qui tourne autour de 4 axes.

Il s’agit de la révision de la stratégie nationale de  protection des enfants, l’amélioration des mécanismes de coordination du système de protection des enfants, le renforcement des capacités techniques et matérielles des acteurs du système de cette protection. Le quatrième volet est celui de la sensibilisation des communautés sur les risques liés aux pires formes de mobilité des enfants.

Cette caravane  rentre dans le cadre de ce quatrième volet et a pour objectif de sensibiliser la communauté, toutes les parties prenantes de la mobilité des enfants sur les pires formes de cette mobilité.

IN : Comment se déroule cette caravane

Cette caravane comprend plusieurs activités dont la sensibilisation de proximité, la sensibilisation de masse et  des visites à domicile, des journées récréatives avec les enfants, tournois de basket-ball et concerts de sensibilisation avec des artistes représentant toutes les communautés de la Mauritanie, projections de vidéos dans les langues nationales. Une sensibilisation qui porte sur les quatre profils de mobilité des enfants. Il s’agit de l’enfant de la rue, la fille en servitude domestique, l’enfant aventurier et l’enfant confié.

IN :Avec cette caravane, la perception que les communautés ont de la mobilité des enfants, des risques liésà cette mobilité a-t-elle changé ?

La caravane a été lancée à Nouadhibou en  novembre. Elle sillonne les autres zones d’intervention  du projet AFIA qui sont le Trarza, le Brakna, le Gorgol, le Guidimagha, le Hodh El GHrabi et les trois wilayas de Nouakchott. Atravers les différentes activités, nous passons des messages qui créent un déclic.

Les populations comprennent que les enfants en mobilité sont vulnérables et ont besoin de protection, d’accompagnement. Nous avons des outils permettant d’élever le niveau de compréhension du phénomène et d’acceptation des changements.

C’est vrai que le changement de comportement est un long processus mais nous avons créé le déclic car les gens commencent à s’intéresser à cette thématique de mobilité des enfants. Beaucoup d’associations, depuis le passage de la caravane, commencent à intégrer cette thématique de la mobilité dans leurs domaines d’interventions. Il ne s’agit pas d’empêcher les enfants de se déplacer mais  de les accompagner, les protéger au cours de ce déplacement.

IN : Quels sont vos rapports avec les autorités

Le projet a une étroite collaboration avec le ministère des affaires sociale de l’enfance et de la famille et d’autres acteurs de la table régionale de protection (TRP). Cette TRP est une instance de coordination regroupant les acteurs qui interviennent dans le domaine de la protection de l’enfant. Elle  est présidée par le Wali. Le projet vise le renforcement des capacités de cette coordination. C’est pourquoi, nous avons une étroite collaboration avec le MASEF, le ministre de l’intérieur, les walis, les brigades des mineurs et la direction de la protection judiciaire des enfants.

Propos recueillis par BS

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