ONG ID aux côtés des réfugiés maliens en Mauritanie

Par Souleymane Mangassouba

140 blocs de latrines pour renforcer la dignité humaine et améliorer les conditions d’assainissement.Dans les moughataas de Djigueni et de Timbedra, l’ONG ID, avec l’appui de l’UNICEF, œuvre à l’amélioration des conditions d’hygiène et d’assainissement des réfugiés maliens à travers la construction de 140 blocs de latrines, accompagnée d’activités de sensibilisation, de formation et de mobilisation communautaire.

Une intervention qui place la dignité humaine, la santé publique et la participation des communautés au cœur de l’action humanitaire.Un diagnostic participatif pour répondre aux besoins prioritaires.

La crise sécuritaire qui secoue le Sahel central, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, continue d’entraîner d’importants déplacements de populations en Afrique de l’Ouest.

En Mauritanie, l’afflux de réfugiés maliens exerce une pression supplémentaire sur les services essentiels.Face à cette situation, l’ONG ID, sélectionnée par l’UNICEF comme partenaire de mise en œuvre, a engagé une intervention visant la réalisation de 140 blocs de latrines sur 12 sites accueillant des réfugiés maliens dans les moughataas de Djigueni et de Timbedra.

Avant le démarrage des travaux, l’ONG ID a réalisé un diagnostic des besoins en assainissement, afin d’identifier les priorités des populations affectées et d’adapter la réponse aux réalités du terrain.

Cette démarche a permis de mettre en évidence le manque d’infrastructures sanitaires adaptées, notamment de latrines, comme l’un des besoins prioritaires des communautés accueillies.

Au-delà de la dimension technique, ce diagnostic a permis de replacer la dignité humaine au centre de l’intervention. Pour les personnes âgées, les personnes vivant avec un handicap, les femmes et les enfants, l’absence de latrines à proximité représente une contrainte quotidienne majeure, susceptible de compromettre l’intimité, la sécurité et l’accès à des conditions d’hygiène adéquates.

L’accès à des installations sanitaires appropriées constitue ainsi bien plus qu’une réponse à un besoin matériel : il s’agit d’un élément essentiel de la protection de la dignité humaine, de la prévention des maladies liées au manque d’assainissement et de l’amélioration des conditions de vie des populations déplacées.

Une concertation locale favorable à la mise en œuvre des infrastructures

La réalisation d’infrastructures d’assainissement en contexte humanitaire nécessite également une attention particulière aux questions foncières et à l’acceptation communautaire.

Dans cette perspective, l’ONG ID a travaillé en étroite collaboration avec les autorités administratives, municipales et les acteurs locaux afin de vérifier la disponibilité des espaces destinés à accueillir les ouvrages et de prévenir d’éventuels conflits liés à leur implantation.Les consultations menées sur les 12 sites d’intervention n’ont révélé aucune contrainte foncière majeure susceptible d’entraver la réalisation des travaux.

Cette situation favorable témoigne de la disponibilité des communautés à accueillir les infrastructures et de la dynamique de solidarité qui caractérise les relations entre les réfugiés maliens et les communautés hôtes.Dans un contexte marqué par les déplacements forcés et la vulnérabilité, cette cohésion sociale constitue un atout important pour la réussite des interventions humanitaires.

Elle rappelle également que la réponse aux besoins des réfugiés peut s’appuyer sur des mécanismes locaux de solidarité, de dialogue et de coexistence pacifique.

140 blocs de latrines réalisés : une réponse concrète aux besoins d’assainissement

À l’issue de la phase de diagnostic et de concertation, les travaux de construction des 140 blocs de latrines ont été engagés sur les différents sites ciblés.Au terme de l’intervention, les 140 blocs de latrines prévus ont été réalisés et sont utilisables, contribuant ainsi à améliorer l’accès des populations bénéficiaires à des infrastructures sanitaires adaptées.Toutefois, dans le secteur WASH, la construction d’ouvrages ne suffit pas, à elle seule, à garantir des résultats durables. La fonctionnalité des installations, leur entretien régulier, la gestion des boues et des déchets, ainsi que l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène sont autant de conditions indispensables à la pérennité des acquis.

C’est pourquoi l’ONG ID a associé la réalisation des infrastructures à un dispositif d’accompagnement communautaire, axé sur la sensibilisation, la formation et le renforcement des capacités locales en matière de gestion de l’assainissement.Sensibiliser, former et accompagner : un changement de comportement progressifL’un des principaux défis de cette intervention résidait dans l’accompagnement des communautés vers l’adoption de nouvelles pratiques d’hygiène et d’assainissement.

Pour des populations ayant vécu des déplacements, des ruptures dans leurs conditions de vie et des situations d’urgence, l’appropriation de nouvelles infrastructures implique du temps, de la pédagogie et un accompagnement de proximité.

L’ONG ID a ainsi multiplié les séances de sensibilisation communautaire, en collaboration avec les leaders locaux et les relais communautaires, afin de promouvoir l’utilisation adéquate des latrines, leur entretien régulier et le respect des règles élémentaires d’hygiène.L’approche adoptée a privilégié la participation active des bénéficiaires plutôt qu’une simple mise à disposition des ouvrages.

Un signe encourageant de cette appropriation a été observé lors de la mise en œuvre : les réfugiés eux-mêmes ont participé au creusement des fosses destinées aux latrines. Cet engagement communautaire traduit une réelle implication des bénéficiaires et constitue un facteur favorable à la durabilité des infrastructures.Parallèlement, des relais communautaires ont été identifiés et formés afin de servir d’intermédiaires entre les équipes du projet et les populations.

Leur rôle est essentiel pour diffuser les messages clés, encourager les bonnes pratiques, faciliter la mobilisation des ménages et contribuer au suivi de l’utilisation des installations.La gestion des déchets : un maillon essentiel de l’assainissementLa promotion de bonnes pratiques de gestion des déchets a constitué un axe important de l’intervention. En effet, l’amélioration durable de l’assainissement dans les sites d’accueil dépend aussi de la capacité des communautés à maintenir leur environnement propre et à prévenir les risques sanitaires liés à l’accumulation des déchets.Les activités de sensibilisation et de formation ont notamment porté sur le regroupement des déchets, leur collecte, leur élimination selon des modalités adaptées et l’entretien régulier des espaces de vie. Les communautés ont également été sensibilisées aux pratiques d’entretien des latrines et aux mesures à prendre lorsque les installations présentent des signes d’obstruction ou lorsque les fosses approchent de leur capacité maximale.Une attention particulière a été accordée aux gestes pratiques du quotidien : maintenir les latrines propres, éviter l’accumulation de déchets aux abords des habitations, identifier rapidement les problèmes d’utilisation et signaler les besoins d’intervention.

Concernant l’élimination des déchets, les messages de sensibilisation doivent encourager des méthodes compatibles avec les exigences sanitaires et environnementalesS’agissant des latrines obstruées ou des fosses pleines, les communautés ont été sensibilisées à la nécessité de signaler aux differents comités .

Le débouchage doit être réalisé avec des équipements de protection et des outils adaptés, sans contact direct avec les matières fécales. Une fosse pleine ne doit pas être vidée de manière improvisée : sa vidange doit être confiée à des personnes formées,.

Des comités de gestion dynamiques, inclusifs et organisés

Pour renforcer l’appropriation locale des infrastructures et favoriser leur pérennité, des comités de gestion de l’assainissement ont été mis en place ou accompagnés sur les sites d’intervention. Ces derniers jouent un rôle déterminant dans l’organisation communautaire, la sensibilisation des ménages, la surveillance de l’état des latrines et la promotion des bonnes pratiques d’hygiène. Leur dynamisme repose notamment sur la participation de représentants des différentes composantes des populations : réfugiés maliens, communautés hôtes et personnes retournées.

Cette composition inclusive favorise le dialogue, le partage des responsabilités et la cohésion sociale autour d’un objectif commun : garantir un environnement plus propre, plus sain et plus digne pour tous. Les comités contribuent également à relayer les préoccupations des bénéficiaires, à identifier les difficultés rencontrées dans l’utilisation des installations et à encourager la résolution collective des problèmes. Leur implication constitue un levier important pour consolider les acquis du projet au-delà de la période de mise en œuvre.

Des kits d’hygiène pour accompagner les bonnes pratiques

En complément des infrastructures et des activités de renforcement des capacités, l’UNICEF a apporté un appui à travers la distribution de kits d’hygiène comprenant notamment de l’eau de Javel, des bidons et jerricans de 20 litres, du savon, des serviettes hygiéniques;etc…Ces articles visent à faciliter l’application des messages de sensibilisation, à soutenir l’entretien des installations sanitaires et à contribuer à l’amélioration des pratiques d’hygiène au niveau des ménages.

De son côté, l’ONG ID a assuré, en collaboration avec les autorités locales et communales, le suivi du processus de distribution, avec une attention particulière portée à l’équité, à la transparence et à l’inclusion des bénéficiaires. L’objectif était de veiller à ce que les distributions se déroulent dans de bonnes conditions et que les différentes catégories de populations ciblées puissent en bénéficier sans discrimination ni sentiment d’exclusion.

Cette approche intégrée, associant infrastructures, équipements d’hygiène, sensibilisation et mobilisation communautaire, permet de renforcer la cohérence de la réponse WASH et de favoriser l’adoption progressive de pratiques plus sûres.

Une intervention porteuse de dignité, de solidarité et de durabilité

Au terme de cette intervention, les 140 blocs de latrines réalisés et utilisables constituent une avancée concrète dans l’amélioration des conditions d’assainissement sur les 12 sites ciblés de Djigueni et de Timbedra.Au-delà des réalisations physiques, le projet a permis de renforcer la sensibilisation des communautés, de former des relais communautaires, de soutenir les comités de gestion et de promouvoir une responsabilité partagée dans l’entretien des installations sanitaires et la gestion des déchets.Les résultats obtenus rappellent que la réponse humanitaire ne se limite pas à la construction d’infrastructures. Elle repose également sur la participation des populations, l’accompagnement au changement de comportement, la concertation avec les autorités locales et la mise en place de mécanismes communautaires capables de préserver les acquis.

Dans cette dynamique, l’ONG ID adresse ses sincères remerciements à l’UNICEF pour son appui et sa confiance, qui ont rendu possible la mise en œuvre de cette intervention au bénéfice des réfugiés maliens et des communautés accueillantes. Elle salue également l’engagement des autorités locales et communales, des leaders communautaires, des relais et des comités de gestion, ainsi que la participation active des bénéficiaires.En conjuguant accès à l’assainissement, promotion de l’hygiène et mobilisation communautaire, cette initiative contribue à faire de la dignité humaine, de la santé publique et de la solidarité des priorités concrètes de l’action humanitaire en Mauritanie.

Loading

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *