Arrestation de la militante féministe Dieynaba Ndiom : une entrave aux droits humains en pleine campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre.
La militante féministe Dieynaba Ndiom a été arrêtée lors d’une manifestation pacifique organisée en hommage aux 28 soldats exécutés, à l’occasion de la 30ᵉ célébration de la fête de l’indépendance mauritanienne. Cette interpellation survient au cœur des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, une campagne mondiale consacrée à la défense des droits, de la dignité et de la sécurité des femmes. Un contexte qui rend cette arrestation encore plus préoccupante. Une arrestation dans des conditions inquiétantes Selon Salimata Bâ, témoin présente sur les lieux. « Il est 23h30, Dieynaba Ndiom, Kaaw Lô et la veuve Baallal Sall ont été emmenées par un pickup de la police vers une destination inconnue. » L’interpellation a immédiatement suscité une vague d’indignation, de nombreux citoyens et artistes mauritaniens réclament la libération immédiate de Dieynaba Ndiom.
L’artiste mauritanien BRMX rappelle à ce sujet : « Chaque citoyen a le droit de jouir de la liberté d’expression, et il est du devoir des autorités de protéger ces droits, pas de les étouffer. » Les Voix Féministes Africaines condamnent fermement, Dans un communiqué officiel, Voix Féministes Africaines déclare : « Nous dénonçons avec la plus grande fermeté l’arrestation arbitraire de la militante féministe mauritanienne Dieynaba NDIOM. Nous nous associons pleinement à sa lutte contre le racisme en Mauritanie et contre les violences, discriminations et injustices que subissent les femmes et filles noires. » L’organisation souligne également : « Le courage, la constance et l’engagement de Dieynaba Ndiom en faveur de la mémoire des victimes, de la dignité des survivants et de leurs familles. » Son arrestation, en pleine période mondiale dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes, est perçue comme un signal alarmant : faire taire les femmes qui dénoncent les injustices, plutôt que de les protéger.
La journaliste indépendante Aliya Abass rappelle que : « Le droit de manifester est garanti par les principes universels des droits humains. Il permet à chaque citoyen d’exprimer pacifiquement ses opinions. Toute société démocratique doit protéger ce droit, pilier essentiel de la liberté d’expression et de la participation citoyenne. » Cela fait plus de heures que proches, militants et citoyens patientent devant le commissariat de Sebkha 2 dans l’espoir d’obtenir des nouvelles des personnes arrêtées. Aucune information claire n’a été communiquée. On leur demande d’attendre le commissaire, déjà venu à deux reprises sans fournir d’explications. Selon les témoignages, une vingtaine de personnes seraient détenues, parmi lesquelles des veuves, des orphelins et plusieurs militant•e•s des droits humains. L’un des détenus, gravement blessé, a été transféré à l’hôpital il y a moins d’une heure à signalé Salimata Bâ.
L’arrestation de Dieynaba Ndiom, figure engagée contre le racisme et les violences basées sur le genre, porte un message contradictoire à l’esprit des 16 jours d’activisme. À un moment où le monde appelle à protéger les femmes, certaines d’entre elles se retrouvent réduites au silence, intimidées ou emprisonnées pour avoir exercé leurs droits. Les acteurs féministes, les défenseurs des droits humains et de nombreux citoyens mauritaniens demandent une réaction rapide, transparente et responsable des autorités, ainsi que la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées. Hawa Bâ
Par Ali Ba À l’heure où les organisations évoluent dans un environnement marqué par des transformations technologiques, économiques et sociales rapides, la gestion du capital humain devient un facteur déterminant de compétitivité durable. La capacité à attirer, développer et fidéliser les talents ne constitue plus seulement une préoccupation des ressources humaines, mais un enjeu stratégique pour l’ensemble de l’organisation. Pourtant, malgré les efforts consacrés au recrutement, à la formation, au développement des compétences et à l’amélioration des conditions de travail, certaines entreprises continuent de perdre leurs collaborateurs les plus performants. Si plusieurs facteurs peuvent expliquer ces départs, allant des perspectives d’évolution aux conditions d’emploi, la qualité du management apparaît comme l’un des éléments les plus influents dans la décision des salariés de rester ou de quitter leur organisation. Dans cette perspective, le management occupe une place déterminante dans la construction de l’expérience collaborateur. Lorsqu’il repose sur la confiance, la reconnaissance et l’accompagnement, il constitue un véritable levier d’engagement et de fidélisation. À l’inverse, certaines pratiques managériales peuvent progressivement détériorer la relation entre les collaborateurs et leur organisation. C’est notamment le cas du management toxique, caractérisé par des comportements autoritaires, dévalorisants ou abusifs, qui fragilisent la confiance, réduisent l’engagement et favorisent le départ des talents. Cet article analyse les mécanismes par lesquels les pratiques managériales toxiques contribuent à la fuite des talents, examine leurs conséquences individuelles et collectives, et met en évidence le rôle stratégique des ressources humaines dans la prévention de ces dérives et dans la construction d’un leadership plus responsable. Dans un contexte où les organisations doivent faire face à des transformations économiques, technologiques et sociales profondes, le capital humain est devenu l’un des principaux facteurs de compétitivité durable. Les entreprises ne se différencient plus uniquement par leurs ressources financières ou leurs capacités technologiques, mais également par leur aptitude à attirer, développer et conserver les compétences nécessaires à leur évolution. Cette réalité est particulièrement importante dans un marché du travail marqué par une intensification de la concurrence pour les profils qualifiés. Les organisations investissent désormais davantage dans l’expérience collaborateur, la qualité de vie au travail et les dispositifs de développement des compétences. Pourtant, malgré ces efforts, certaines continuent d’enregistrer des départs importants parmi leurs collaborateurs les plus performants. Si plusieurs facteurs peuvent expliquer ces départs — rémunération, perspectives d’évolution, charge de travail, culture organisationnelle ou équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle — la relation avec le manager demeure un élément déterminant de l’expérience professionnelle vécue par les salariés. Le manager représente en effet le point de contact quotidien entre l’organisation et ses collaborateurs. Son comportement influence directement le niveau de confiance, de reconnaissance et d’engagement au sein des équipes. Le rapport State of the Global Workplace 2024 de Gallup souligne cette problématique en montrant que l’engagement des salariés demeure un défi majeur à l’échelle mondiale. Seule une minorité des collaborateurs se déclare pleinement engagée dans son travail, tandis qu’une proportion importante reste peu impliquée ou désengagée. Cette situation représente un enjeu économique considérable puisque le manque d’engagement affecte la productivité, l’innovation et la capacité des organisations à atteindre leurs objectifs stratégiques. Dans cette dynamique, la qualité du management apparaît comme un facteur central. Le manager n’est plus seulement chargé de répartir les tâches et de contrôler les résultats. Il joue désormais un rôle essentiel dans la création d’un environnement permettant aux collaborateurs de progresser, de prendre des initiatives et de contribuer pleinement à la réussite collective. À l’inverse, certaines pratiques managériales peuvent progressivement détériorer cette relation. Un management fondé sur la peur, la surveillance excessive, l’absence de reconnaissance ou l’injustice perçue crée un environnement professionnel dans lequel les collaborateurs réduisent leur implication et perdent confiance dans leur organisation. Le management toxique ne doit toutefois pas être considéré uniquement comme le résultat des comportements individuels d’un responsable. Il peut également être favorisé par certains systèmes organisationnels : une culture interne valorisant uniquement la performance à court terme, une absence de contrôle des pratiques managériales, des promotions basées exclusivement sur les résultats techniques ou encore un manque d’accompagnement des responsables hiérarchiques. Ses conséquences peuvent néanmoins être majeures. Les collaborateurs exposés durablement à un environnement managérial toxique peuvent connaître une baisse de motivation, un retrait progressif, une augmentation du stress et, pour certains, une décision de quitter l’organisation. La perte de ces talents représente un coût important pour l’entreprise : elle entraîne des dépenses de recrutement et de formation, mais également une perte de connaissances, d’expertise et de capacité d’innovation. Ainsi, le management toxique ne constitue plus seulement une problématique humaine ou relationnelle. Il représente un véritable risque stratégique susceptible d’affaiblir la performance durable, l’attractivité et la compétitivité des organisations. Cet article propose d’analyser les caractéristiques du management toxique, ses effets sur l’engagement et la fidélisation des talents, ainsi que les leviers dont disposent les ressources humaines pour favoriser l’émergence d’un leadership plus responsable. Le management toxique : un phénomène organisationnel aux conséquences profondes Le management toxique peut être défini comme un ensemble de pratiques managériales produisant des effets négatifs durables sur les individus, les équipes et l’organisation. Contrairement à un management exigeant, qui cherche à atteindre des objectifs ambitieux tout en accompagnant les collaborateurs, le management toxique utilise l’autorité d’une manière qui fragilise les personnes et détériore la relation de confiance. Les travaux de Jean Lipman-Blumen sur les leaders toxiques montrent que ce type de leadership repose sur une utilisation destructive du pouvoir. L’autorité n’est alors plus utilisée comme un moyen de développer les compétences ou de mobiliser les équipes, mais comme un outil de contrôle, de domination ou de protection des intérêts personnels du dirigeant. Dans la pratique, le management toxique peut prendre plusieurs formes. Il peut notamment se manifester par une communication agressive ou humiliante, une absence régulière de reconnaissance, un contrôle excessif limitant l’autonomie, une tendance au micro-management, des décisions perçues comme injustes ou arbitraires, du favoritisme, une faible capacité d’écoute, des comportements intimidants ou manipulateurs, ainsi qu’une incapacité à reconnaître ses propres erreurs.Ces comportements ont un effet particulièrement destructeur car ils fragilisent un élément essentiel du fonctionnement organisationnel : la confiance. […]
En démocratie, la seule vraie limite au pouvoir doit venir du peuple. Or, imposer une limitation des mandats présidentiels en Mauritanie revient à déposséder les […]