La schizophrénie : Il y a un grand succès des soins, ne perdez pas espoir

 فصام الشخصية: هناك نجاح كبير في العلاجات، فلا نفقد الأمل.
La schizophrénie : Il y a un grand succès des soins, ne perdez pas l’espoir.
Rafi hoore saraade wonki: nafoore mawnde ina woodi e safaara, woto njejjitee yaakaare. Peul.
Feebaru xel bu tasaaroo xel : Amna ndam lu rëy ci pajum yi, bul bàyyi yaakaar. Wolof.
Haqqilan watte yonki sanqiye : Tono xoore wa jaarande, xa maxa jigirun kuti. Soninké.

Les maladies mentales continuent de susciter beaucoup de peurs, de stigmatisations, et des hontes. A cause de ces maladies beaucoup de personnes ne trouvent pas leurs droits sociaux comme un emploi et un revenu stable, une insertion sociale, un mariage stable. Dans la société mauritanienne dès qu’on parle de la maladie mentale les réactions sont vives par des prières de protection contre la malédiction ou en mettant le doigt au sol, avec des expressions comme maaw faalak, haalande ladde, Alkhair Wassilam… Souvent, ceux qui travaillent en santé mentale sont eux-mêmes considéré fous pour certains. Le mot fou n’existe pas en tant que terme en psychiatrie, psychologie, et autres disciplines actuelles intervenant en santé mentale. Les causes des troubles sont souvent attribuées à des envoutements comme la sorcellerie, la magie, khayra (jalousie), les mauvais yeux par quelqu’un d’autres ou par les mauvais esprits comme Cheytan, jinn, ahel lakhla, jinneji, jinnanu, dom, etc. Il ne s’agit pas de nier ou d’affirmer, car il s’agit de décrire un peu le contexte mauritanien. Pour en approfondir avec les termes utilisés dans le contexte mauritanien vous pouvez vous référer à l’article  «Lexiques des formules culturelles désignant les états mentaux et souffrances psychiques en Mauritanie », www.initiativesnews.com

Cet article a pour but de contribuer modestement à la sensibilisation sur la schizophrénie, qui existe partout. On se limite à la prévalence, les symptômes, les causes, les traitements. Et les soins dans le contexte mauritanien.

La prévalence, signifie selon l’institut du cerveau, elle désigne le nombre total des personnes atteintes d’une maladie ou d’un trouble dans une population donnée, à un moment précis ou sur une période précise. Selon l’OMS, elle touche environ 23 millions de personnes, soit 1 sur 345 personnes (0,29 %) dans le monde. Son taux est beaucoup sous-estimé en Mauritanie. Notre pays fait face à un grand nombre à cause de la population jeune de moins de 15 ans, qui elle seule représente 42,5 de la population totale. Ce qu’à des graves conséquences sur l’économie familiale et au niveau du pays.

Les symptômes : il est important de souligner que le patient n’a généralement pas conscience des troubles et ne demande pas de l’aide. Il est souvent atteint des hallucinations qui sont des perceptions sans objets externes. Comme les hallucinations auditives : entendre sans voix externe. Elles sont les plus fréquentes parmi toutes les hallucinations. Les hallucinations visuelles : voire sans objet externe. Hallucinations olfactives : sentir sans odeurs qui n’existent pas à l’extérieur. Hallucinations gustatives : sentir des gouts qui n’existent pas dans la bouche et les hallucinations tactiles : sensations de toucher ou des présences physiques sans source extérieure. En plus des hallucinations, il y a des idées délirantes désorganisées, le retrait social, la désorganisation de la pensée et les rires immotivés. Il est évident que la personne qui endure ses symptômes, souffre psychiquement, mentalement et physiquement et pas toujours forcément violente. Attention cette lecture ne rend pas quelqu’un capable d’énoncer un diagnostic. Seul le spécialiste est habilité à en faire. Beaucoup des spécialistes mêmes se méfient du mot diagnostic, pour ne pas restreindre la personne dans un cercle très limité.

Les causes et les facteurs : l’hérédité, la vulnérabilité individuelle et familiale, la consommation des drogues, notamment le cannabis. Dans certains cas, dès que l’individu arrête de consommer ces drogues, les symptômes disparaissent. Les privations du sommeil, l’adversité face au stress et la détresse liés aux précarité sociale, isolement et discrimination favorisent l’apparition de la schizophrénie.

Les traitements ou les prises en charge: ils sont biopsychosociaux. Il faut aller dans n’importe quel centre de santé à proximité qui prend en charge les patients ou les référer à un centre spécialisé. Pour la Mauritanie, le centre de santé de référence en santé mentale est le Centre Hospitalier des Spécialités de Nouakchott, appelé anciennement Centre Neuropsychiatrique de Nouakchott. Ou par le langage populaire hôpital Dia, car son père fondateur est Professeur Dia Al Husseini en 1992. Il est le père de la psychiatrie en Mauritanie et a exercé depuis 1975. Les traitements consistent à donner des médicaments, soutenir les patients et leurs familles. Pour des raisons culturelles et traditionnelles, les familles font plusieurs parcours en passant par les marabouts, les soignants traditionnels, aller au Sénégal, Mali, Maroc, Tunisie ou en France selon les moyens. Souvent les familles font recours aux contentions avec leurs propres moyens par des chaines ou des cordes. Les points de vue concernant la contention divergent. Souvent c’est le patient même qui recommande à être attaché pour lutter contre les mauvais esprits. Dans certains cas les familles sont désemparées et n’ont pas d’autres solutions. Selon une mère : ‘’ si tu vois que j’attache mon propre enfant, c’est parce que je n’ai pas d’autres solutions’’. Certaines familles pratiquent à la fois les soins locaux et ceux de la médecine moderne. Souvent la façon d’attacher peut-être mal faite et provoque d’autres problèmes comme le gonflement des membres. La contention pourrait entraîner une paralysie ou causer des séquelles psychologiques permanentes chez le patient.

Il serait bon qu’il y ait des associations des patients et des familles très volontaires et dynamiques pour défendre les droits biopsychosociaux des personnes vivant avec des maladies. L’expression des personnes vivant avec la maladie est la plus correcte que les malades mentaux. Car il ne faut pas réduire la personne dans sa maladie. Il y a un grand soutien par les membres de la famille et les proches, quand un malade est hospitalisé. Mais ils arrivent à d’autres qui ne bénéficient d’aucun soutien ce qui rend leur pathologie plus grave. Une identification, une intervention précoce et un suivi régulier intégrant aussi une alimentation équilibrée, des activités physiques régulières et adaptées permettent aux personnes concernées de mener leur vie sur le bon chemin. Et il ne faut pas négliger les aspects culturels et religieux qui sont fondamentaux comme les prières, les sacrifices, les supplications, les sens donnés aux souffrances, les personnes des références et les soutiens qui contribuent à diminuer les angoisses et les anxiétés avec le respect des choix et de l’autonomie de l’individu. Donc il serait bon d’être sensibilisé et informé pour être utile et prévenu sur le sujet au lieu de continuer à participer à la stigmatisation et avoir peur. Selon le dicton célèbre, mieux vaut prévenir que guérir, et une personne avertie en vaut deux. Les politiques nationales doivent prioriser la santé mentale avant tout. En attendant un simple citoyen est sollicité à contribuer dans la vie de la cité contre la stigmatisation.

Khalil Guidado Koita, psychologue, khalilkoeta@gmail.com

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