La campagne menée par la Mauritanie en faveur de la candidature de Dr Coumba Bâ au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a franchi un nouveau palier à l’occasion de la mission officielle conduite ces derniers jours au Cambodge, au Vietnam et au Laos.
Bien au-delà d’une séquence électorale, cette tournée a surtout illustré la profondeur des relations que Nouakchott entretient avec plusieurs pays d’Asie du Sud-Est et confirmé la crédibilité d’une diplomatie mauritanienne qui privilégie, depuis plusieurs décennies, le dialogue, le consensus et le rapprochement entre les États.
Conduite par le Ministre chargé du Secrétariat général du Gouvernement, M. Moctar Al Housseynou Lam, porteur de messages personnels de Son Excellence le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, la délégation comprenait également Dr Coumba Bâ, Ministre, Envoyée spéciale du Président de la République auprès de la Francophonie, candidate de la Mauritanie au poste de Secrétaire général de la Francophonie ; M. Cheikh Bedda, Conseiller à la Présidence de la République ; ainsi que M. Alpha Seydi BA, Directeur de la Communication de la campagne mauritanienne.L’objectif de cette mission était de présenter la vision portée par la candidate mauritanienne pour l’avenir de la Francophonie et de poursuivre les consultations avec plusieurs États d’Asie à quelques mois du Sommet de Phnom Penh, qui désignera en novembre prochain le futur Secrétaire général de l’organisation.
Le niveau particulièrement élevé des audiences accordées à la délégation mauritanienne, la qualité des échanges avec les plus hautes autorités des trois pays et l’attention portée aux propositions présentées témoignent d’une relation qui dépasse largement le cadre circonstanciel d’une campagne.
Ils traduisent également la confiance dont bénéficie aujourd’hui la Mauritanie auprès de partenaires avec lesquels elle partage une même culture du dialogue et du respect des équilibres internationaux.Cette proximité n’est pas le fruit du hasard.
Dès les premières années des indépendances, la Mauritanie avait noué avec plusieurs pays d’Asie des relations fondées sur le non-alignement, la souveraineté des États, le règlement pacifique des différends et la coopération entre les pays du Sud.
Cette tradition diplomatique, impulsée par le Président Moktar Ould Daddah, continue d’inspirer la politique étrangère mauritanienne et connaît aujourd’hui un nouvel élan fondé sur le dialogue, de l’ouverture et de la diversification des partenariats internationaux l’un des marqueurs de son action extérieure.
Cette convergence de culture diplomatique est apparue de manière particulièrement nette au cours des différentes étapes de la tournée.
Au Cambodge, première étape de la tournée et futur pays hôte du XIXe Sommet de la Francophonie, les entretiens ont naturellement porté sur les enjeux institutionnels de l’organisation.
Les échanges ont mis en évidence une approche largement partagée qu’est de préserver l’unité de la famille francophone, privilégier les mécanismes de dialogue et favoriser les conditions d’un processus consensuel respectueux des règles de l’organisation. Dans ce contexte, la candidature mauritanienne est apparue comme celle d’un État qui privilégie le rassemblement plutôt que la polarisation.
Ensuite, au Vietnam, les discussions ont largement dépassé le seul cadre francophone pour ouvrir de nouvelles perspectives de coopération économique, universitaire, agricole, commerciale et institutionnelle.
Les échanges ont confirmé la volonté des deux pays de donner une nouvelle profondeur à une relation bilatérale ancienne, tout en inscrivant la Francophonie dans une logique d’opportunités, de développement et de coopération concrète.
Enfin, au Laos enfin, les discussions ont permis de constater une forte convergence autour d’une Francophonie davantage tournée vers les politiques publiques de développement, la formation, la jeunesse, l’enseignement supérieur, le renforcement des compétences et la valorisation du capital humain. Autant de priorités qui occupent également une place centrale dans le projet porté par Dr Coumba Bâ.
Tout au long de cette tournée, la candidate mauritanienne a développé une vision de la Francophonie qui s’inscrit dans les mutations du monde contemporain. Une Francophonie plus efficiente, davantage tournée vers les résultats, capable de créer des passerelles entre les espaces géographiques, de soutenir la mobilité des étudiants et des chercheurs, d’encourager l’innovation, de développer les échanges économiques et de rapprocher durablement l’Afrique et l’Asie.
Cette approche, déjà présentée lors des auditions organisées à Paris en juin dernier, trouve un écho croissant auprès de nombreux États qui souhaitent voir l’organisation renforcer sa capacité à produire des résultats tangibles au bénéfice de ses populations, tout en préservant sa vocation politique, culturelle et linguistique.
À mesure que l’échéance de novembre se rapproche, la campagne mauritanienne semble ainsi gagner en densité et en crédibilité. Non pas uniquement parce qu’elle multiplie les déplacements diplomatiques, mais parce qu’elle s’appuie sur un capital relationnel construit dans la durée, sur une tradition de dialogue reconnue et sur une vision qui privilégie le consensus dans une période où de nombreux États membres souhaitent éviter que l’élection du prochain Secrétaire général ne fragilise la cohésion de l’espace francophone.
La mission asiatique confirme ainsi une évolution plus profonde : la candidature de Dr Coumba Bâ apparaît de plus en plus comme le prolongement d’une diplomatie mauritanienne qui entend faire de la Francophonie un espace de coopération, de confiance et de convergence entre les États plutôt qu’un terrain d’affrontement politique.
Au-delà de l’échéance électorale, cette tournée ouvre également de nouvelles perspectives pour les relations entre la Mauritanie et l’Asie du Sud-Est, l’une des régions les plus dynamiques de l’économie mondiale.
Elle témoigne d’une volonté de consolider des partenariats appelés à s’intensifier dans les années à venir, tout en renforçant le positionnement international de la Mauritanie comme acteur de dialogue, de stabilité et de rapprochement entre les différentes composantes de l’espace francophone.
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