L’Assemblée Nationale de la Mauritanie a adopté la proposition de révision constitutionnelle à 85,8¨% de Oui contre 13,4% de Non.  Le vote qui s’est tenu après trois jours de débats et à l’intérieur d’une assemblée nationale quadrillée par les forces de l’ordre permet ainsi d’entériner les amendements de la constitution proposées à la sortie d’un dialogue national inclusif organisé entre  septembre et octobre 2016 à Nouakchott. Les amendements concernent entre autres, le changement des symboles nationaux tels le drapeau et l’hymne national ainsi que la suppression de certaines institutions comme le sénat et la haute cours de justice.

L’AJD/MR dont les députés ont participé aux débats s’est retiré jeudi au moment du vote. « N’ayant pas participé au dialogue, nous estimons ne pas être concernés par ce votre pour des amendements constitutionnels qui ne prennent pas en compte notre préoccupation pour la cohésion et l’unité nationale. » A commenté Ibrahima Moktar Sarr, député et président du parti AJD/MR.

Du côté de l’opposition qui avait boycotté le dialogue et organisé des marches contre les options de réforme constitutionnelle on a dénoncé un « tripatouillage de la constitution ainsi que le tripotage de ses symboles et valeurs divines et la mutation de son drapeau national et encore plus la tentative du régime du pillage et de la gabegie   d’absoudre à toute éventualités de poursuite  à l’avenir pour les méfaits de mauvaise gouvernance. » Deux partis de cette opposition, en l’occurrence le RFD et l’UNAD ont décidé d’organiser une marche de protestation contre les amendements constitutionnels samedi prochain dans le cadre du Forum National pour la démocratie et l’Unité. »
Dans un communiqué conjoint l’UNAD et le RFD ont « appelé  leurs partisans et sympathisants ainsi que l’ensemble des habitants de Nouakchott et tous les patriotes du pays, à participer activement à la marche organisée par le Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), le samedi 11 Mars 201 7 ».

Durant les jours de débats à l’assemblée, l’opposition mauritanienne avait organisé des marches contre le vote de cette nouvelle loi mais elle a fortement été réprimée par la police. En octobre dernier, Mohamed Ould Abdel Aziz, commentant les résultats du dialogue qui a réunit la majorité présidentielle et certains partis de l’opposition avait déclaré ne pas avoir l’intention de briguer un 3e mandat présidentiel. Le nouveau texte qui vient d’être adopté par l’assemblée nationale sera présenté au sénat dans quelques jours pour décider de son sort définitif.