L’arabe au cabinet du ministre de la Culture : entre exigences constitutionnelles, crainte de l’exclusion et défi d’un État multilingue

Par Ahmed Mohamed Hamada*

La circulaire publiée le 20 octobre 2026 par le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, Mohamed Ould Bebbana, relative à l’utilisation de la langue arabe dans les correspondances, notes, rapports et documents adressés à son cabinet, relance l’un des débats les plus sensibles de la vie publique mauritanienne : la place de l’arabe dans l’administration, ses relations avec les autres langues nationales et l’héritage de plusieurs décennies de recours important au français dans certains secteurs de l’administration, de l’enseignement et de la vie professionnelle.

Adressée aux responsables du département et des organismes qui en relèvent, cette circulaire leur impose d’utiliser l’arabe dans les documents transmis au cabinet du ministre.

Certains observateurs y voient l’application d’une disposition constitutionnelle dont la mise en œuvre concrète se faisait attendre. D’autres, notamment parmi les personnes formées en français ou ne maîtrisant pas suffisamment l’arabe écrit, expriment la crainte que cette mesure ne devienne un obstacle à la communication administrative, voire qu’elle soit perçue comme une forme d’exclusion.

Pour comprendre ce débat sans céder aux idées préconçues, il convient de distinguer trois enjeux : le droit de l’État à organiser le fonctionnement de son administration autour de sa langue officielle, le droit des citoyens d’accéder aux services publics sans discrimination et la responsabilité des pouvoirs publics face aux inégalités linguistiques héritées des politiques éducatives et administratives successives.

I. Que dit la Constitution et quelle est la portée de la circulaire ?

L’article 6 de la Constitution mauritanienne dispose clairement que les langues nationales sont l’arabe, le pulaar, le soninké et le wolof, et que la langue officielle est l’arabe. Le préambule de la Constitution souligne également que la diversité culturelle constitue un fondement de l’unité nationale et de la cohésion sociale, tout en engageant l’État à préserver et à développer les langues nationales.

Cette distinction est essentielle. La Constitution confère à l’arabe le statut de langue officielle, sans pour autant retirer aux autres langues leur caractère national ni les exclure de l’identité mauritanienne.

Dans cette perspective, la circulaire ministérielle peut être comprise comme une mesure visant à renforcer l’utilisation de la langue officielle dans le fonctionnement quotidien de l’administration, afin que son statut ne demeure pas cantonné aux textes constitutionnels, aux discours officiels ou à certaines circonstances institutionnelles.

Une question mérite toutefois d’être examinée avec attention : le statut constitutionnel de l’arabe suffit-il à justifier toute mesure administrative relative à son usage, ou les modalités de mise en œuvre doivent-elles également respecter les règles de compétence administrative, le principe d’égalité et les droits des usagers du service public ?

Il importe, à cet égard, de distinguer le pouvoir du ministre d’organiser les correspondances au sein de son département de la possibilité d’imposer des règles générales à l’ensemble des administrations et des citoyens.

D’après les informations publiées, la circulaire concerne principalement les documents adressés au cabinet du ministre. Il ne serait donc pas justifié d’en déduire automatiquement qu’elle s’étend à toutes les formes de communication administrative dans le pays, en l’absence d’un autre texte réglementaire établissant une telle obligation.

L’évaluation de cette mesure ne peut ainsi se limiter à son objectif déclaré. Elle doit également prendre en compte son champ d’application, ses modalités d’exécution et sa conformité aux règles juridiques pertinentes.

II. Pourquoi certains y voient-ils une correction nécessaire des pratiques administratives ?

Les défenseurs de la circulaire estiment qu’il est naturel que les institutions de l’État utilisent leur langue officielle dans leurs correspondances et leurs documents internes. Ils considèrent que la place encore importante du français dans certains domaines administratifs soulève une question légitime sur la traduction effective du statut officiel de l’arabe dans les pratiques institutionnelles.

Cette position repose sur plusieurs considérations.

  • *L’exigence constitutionnelle :* faire passer le principe de l’officialité de l’arabe du texte juridique à la pratique quotidienne des institutions.
  • *L’efficacité administrative :* harmoniser les correspondances et faciliter la circulation ainsi que la compréhension des documents par les agents qui travaillent en arabe.
  • *L’enjeu culturel :* renforcer la présence de l’arabe dans les domaines du savoir, de l’administration et de la production intellectuelle, au-delà de son usage dans l’enseignement religieux ou les discours culturels.
  • *L’égalité des chances :* limiter le risque que la seule maîtrise du français constitue un avantage implicite dans certains parcours professionnels et administratifs.

Cette approche mérite un examen sérieux. La langue officielle ne saurait être uniquement un attribut symbolique, totalement dissocié du fonctionnement concret des institutions publiques.

Pour autant, promouvoir l’arabe ne signifie pas nécessairement renoncer au français dans tous les domaines, ni déprécier cette langue, qui demeure un outil de communication, de connaissance et de travail pour une partie importante de la population mauritanienne.

La véritable question n’est donc pas de savoir quelle langue doit l’emporter sur l’autre, mais comment organiser les rapports entre la langue officielle de l’État et les langues effectivement utilisées dans l’administration, l’enseignement et la vie économique.

III. Pourquoi certains non-arabophones craignent-ils l’exclusion ?

À l’inverse, les inquiétudes exprimées par certains observateurs ne peuvent être réduites à un simple rejet de l’arabe ou à une opposition à la Constitution.

La Mauritanie est une société multilingue. Les parcours scolaires et professionnels de ses citoyens se sont construits dans des conditions inégales, notamment en ce qui concerne la langue de formation. Certains fonctionnaires et professionnels ont effectué une grande partie de leurs études en français et maîtrisent parfaitement la rédaction administrative dans cette langue, sans nécessairement posséder le même niveau de compétence en arabe écrit.

Pour ces personnes, le passage immédiat à des correspondances exclusivement rédigées en arabe peut représenter une véritable difficulté professionnelle, en particulier lorsqu’il s’agit de préparer des rapports techniques, des documents juridiques ou des notes exigeant une grande précision terminologique.

Il convient ici de distinguer deux situations.

La première est le rejet du principe même de l’utilisation de l’arabe. Une préférence pour le français ne suffit pas, à elle seule, à justifier une opposition à la place constitutionnelle de l’arabe.

La seconde concerne les modalités ou le rythme de mise en œuvre de la mesure. Les réserves formulées à ce sujet peuvent être légitimes si aucun dispositif de formation et d’accompagnement n’a été prévu, ou si l’application de la circulaire risque de ralentir les procédures et de compromettre les perspectives professionnelles de certains agents.

Il serait donc injuste de considérer toute demande de maintien d’un accompagnement en français comme une hostilité à l’arabe. De même, il serait injuste d’assimiler toute initiative de promotion de l’arabe à un projet d’exclusion.

Surtout, un fonctionnaire qui ne maîtrise pas suffisamment la rédaction administrative en arabe n’est pas nécessairement opposé à cette langue. Il peut simplement être le produit d’un parcours éducatif qui ne lui a pas donné les outils nécessaires à son utilisation professionnelle.

Dès lors, la réussite d’une politique linguistique ne se mesure pas uniquement au nombre de documents rédigés en arabe. Elle dépend également de la capacité des agents à les produire avec précision, de la continuité du service public et de l’absence de nouvelles inégalités liées aux différences de formation.

IV. Que faire pour les personnes qui ne connaissent pas l’arabe ou qui ne maîtrisent pas sa forme écrite ?

C’est sans doute la question pratique la plus importante de tout ce débat.

Si la circulaire s’adresse aux responsables et aux organismes relevant du ministère, l’obligation de s’y conformer incombe avant tout à ces structures. Toutefois, lorsque des difficultés apparaissent parmi les agents, leur résolution doit relever de dispositifs administratifs et pédagogiques organisés, plutôt que d’être laissée à des initiatives individuelles susceptibles d’entraîner des pratiques inégales.

Quatre mesures complémentaires pourraient être envisagées.

1. Organiser une formation progressive.

Des formations en arabe administratif pourraient être proposées aux agents, en mettant l’accent sur la rédaction des lettres, des rapports, des notes, des procès-verbaux de réunion et sur l’acquisition du vocabulaire spécialisé.

2. Mettre en place un accompagnement rédactionnel.

Le ministère pourrait créer des cellules de traduction et de révision linguistique chargées d’aider les agents qui en ont besoin et de vérifier la qualité des documents avant leur transmission au cabinet.

3. Élaborer des guides et des modèles uniformisés.

La mise à disposition de modèles de correspondances courantes, accompagnés de glossaires des termes techniques et juridiques, permettrait aux agents de travailler plus rapidement et de réduire les erreurs.

4. Prévoir une période transitoire clairement définie.

Un calendrier réaliste pourrait être établi pour atteindre le plein respect des nouvelles exigences, tout en permettant d’identifier les difficultés, d’y apporter des réponses et d’évaluer les progrès accomplis.

Ces mesures ne constitueraient pas un recul dans la promotion de l’arabe. Elles permettraient, au contraire, de transformer une obligation formelle en une véritable capacité institutionnelle.

Il faut également distinguer la situation des agents chargés de rédiger des documents officiels de celle des citoyens qui ne connaissent pas l’arabe.

D’après les informations disponibles, la circulaire concerne les documents adressés au cabinet du ministre. Elle ne constitue pas, en elle-même, un texte général interdisant aux citoyens de communiquer avec l’administration dans une autre langue.

Il serait donc souhaitable que les dispositifs d’accueil, d’orientation et d’assistance restent accessibles dans des langues comprises par les usagers, selon des modalités administratives adaptées à leurs besoins. L’objectif doit être d’éviter que les différences linguistiques ne deviennent un obstacle à l’accès aux services publics ou à la présentation de demandes et de réclamations.

L’État peut parfaitement adopter l’arabe comme langue officielle de ses correspondances tout en organisant une assistance linguistique pour les personnes qui en ont besoin.

V. Le ministre pourra-t-il réussir la mise en œuvre de la circulaire ?

Il est impossible de conclure à l’avance au succès ou à l’échec de cette initiative. Il est néanmoins possible d’identifier les conditions qui en détermineront les résultats.

La première est la clarté du dispositif : quelles sont les structures concernées ? Quels types de documents sont visés ? Comment traiter les correspondances contenant des termes techniques ou faisant référence à des documents rédigés dans une autre langue ?

La deuxième condition concerne la disponibilité des compétences et des moyens. Édicter une instruction est relativement simple ; modifier les pratiques administratives quotidiennes l’est beaucoup moins, notamment dans les institutions qui ont accumulé, au fil des années, des modèles de documents et des procédures en français.

La troisième est l’existence d’un mécanisme de suivi institutionnel. Si la mesure dépend uniquement de la volonté du ministre actuellement en fonction, ses effets risquent de s’atténuer avec le changement des responsables ou des priorités. En revanche, si elle est intégrée aux procédures de travail, aux programmes de formation et aux mécanismes d’évaluation, elle pourra s’inscrire durablement dans les pratiques administratives.

Enfin, les résultats devraient être mesurés à partir d’indicateurs concrets, notamment :

  • la proportion de correspondances rédigées en arabe conformément aux exigences établies ;
  • la qualité rédactionnelle et la précision de la terminologie utilisée ;
  • les délais de traitement des dossiers avant et après l’application de la mesure ;
  • le nombre d’agents formés et leur accès effectif à l’accompagnement linguistique ;
  • l’absence de perturbations dans le traitement des dossiers et de restrictions dans les canaux de communication avec les usagers.

Si le ministre souhaite faire de son département un exemple en matière d’utilisation de la langue officielle, l’expérience gagnerait en crédibilité si elle s’accompagnait de la publication de modèles administratifs de qualité, de la mobilisation des ressources nécessaires et d’un bilan documenté des résultats obtenus comme des difficultés rencontrées.

Toute extension de cette démarche à d’autres départements ministériels devrait, quant à elle, tenir compte des spécificités de chaque secteur et de ses besoins techniques, dans le cadre d’un dispositif réglementaire cohérent à l’échelle nationale.

VI. L’intelligence artificielle : un obstacle en moins ou une nouvelle opportunité ?

Un facteur nouveau mérite aujourd’hui une attention particulière : le développement rapide des outils de traduction automatique et de l’intelligence artificielle.

Il est désormais possible de traduire en quelques secondes ou quelques minutes de nombreuses lettres et de nombreux rapports du français vers l’arabe, puis de les réviser et de les adapter. Les outils numériques peuvent également contribuer à harmoniser la terminologie, à extraire des informations de documents et à préparer des versions provisoires de correspondances administratives.

Ces possibilités réduisent une partie des obstacles techniques et des coûts qui pouvaient auparavant rendre une transition linguistique lente et difficile.

Il serait toutefois imprudent de surestimer les capacités de ces outils. Une traduction rapide ne garantit pas toujours l’exactitude, particulièrement dans les textes juridiques, financiers ou techniques, ainsi que dans les documents comportant des notions propres au contexte mauritanien ou des termes hautement spécialisés.

L’utilisation de l’intelligence artificielle pour traiter des documents publics exige également des garanties en matière de confidentialité, de protection des données et de sécurité informatique. Les documents sensibles ne devraient pas être introduits dans des services non autorisés ou dont les garanties de sécurité ne sont pas suffisantes.

Surtout, la traduction automatique ne remplace pas le développement des compétences linguistiques au sein des institutions. Un outil peut aider un agent à préparer une première version en arabe, mais il ne décharge pas l’administration de sa responsabilité quant à la vérification du contenu, à la précision des termes et à la validation finale du document.

Un dispositif opérationnel pourrait ainsi reposer sur les étapes suivantes :

  • L’agent prépare le document dans la langue qu’il maîtrise le mieux sur le plan professionnel.
  • Le texte est traduit en arabe au moyen d’un outil adapté et autorisé.
  • Un rédacteur maîtrisant l’arabe et la terminologie spécialisée révise la traduction.
  • Le document est validé après vérification de son exactitude, dans le respect des règles de confidentialité et de protection des données.

Pour les documents sensibles, il serait préférable de privilégier un environnement technologique institutionnel sécurisé plutôt que des outils publics généralistes.

L’insuffisance de temps ou le coût élevé de la traduction ne constituent donc plus nécessairement des obstacles insurmontables à l’utilisation de l’arabe. Mais l’intelligence artificielle ne dispense ni de planification, ni de formation, ni de révision humaine. Elle rend ces démarches plus accessibles et plus faciles à organiser.

VII. Quel modèle pour concilier le statut officiel de l’arabe et le pluralisme linguistique ?

Dans le débat mauritanien, la langue tend souvent à devenir un marqueur d’identités opposées, alors qu’elle devrait être envisagée comme un objet de politique publique susceptible d’être organisé, évalué et amélioré.

Pourtant, renforcer l’usage de l’arabe n’implique pas d’affaiblir le pulaar, le soninké ou le wolof. De même, reconnaître et promouvoir ces langues ne suppose pas de remettre en cause le statut officiel de l’arabe.

La Constitution mauritanienne articule précisément ces deux principes : elle désigne une langue officielle pour l’État tout en reconnaissant plusieurs langues nationales et en inscrivant leur préservation et leur développement dans le patrimoine commun du pays.

À partir de cette double exigence, une politique linguistique administrative pourrait s’appuyer sur cinq piliers.

Premier pilier : faire de l’arabe la langue principale des correspondances officielles.

Cette orientation devrait s’inscrire dans un cadre juridique et administratif clair, accompagné d’une terminologie harmonisée et de modèles de documents communs.

Deuxième pilier : privilégier la formation plutôt que la sanction immédiate.

Les agents doivent disposer de possibilités réelles d’acquérir les compétences nécessaires à la rédaction administrative en arabe.

Troisième pilier : faire de la traduction un outil d’accompagnement.

La traduction doit faciliter la transition entre les langues et la circulation de l’information, sans devenir un substitut permanent au développement des compétences internes.

Quatrième pilier : préserver une communication multilingue avec les citoyens.

Des dispositifs d’accueil, d’orientation et d’assistance devraient être organisés en fonction des besoins linguistiques des usagers, afin de garantir un accès effectif aux services publics.

Cinquième pilier : développer les autres langues nationales.

Leur présence dans l’enseignement, la culture et les services appropriés doit être renforcée, afin que leur reconnaissance constitutionnelle ne demeure pas essentiellement symbolique.

Ce modèle ne repose pas sur une égalité arithmétique entre des fonctions linguistiques différentes. Il distingue la langue officielle de travail de l’État, les langues nécessaires à la communication avec les citoyens et celles dont le développement participe à la préservation du patrimoine national.

Conclusion : la véritable question n’est pas seulement celle de la langue, mais celle de l’administration que nous voulons construire

La circulaire du ministre de la Culture remet au premier plan une interrogation plus profonde que celle de la rédaction des correspondances : comment la Mauritanie peut-elle faire de sa Constitution une référence effective dans le fonctionnement de l’administration, sans que les différences de parcours éducatifs et linguistiques entre ses citoyens deviennent une nouvelle source d’inégalités ?

L’État est en droit de renforcer l’utilisation de sa langue officielle, et les défenseurs de l’arabe sont fondés à demander que son statut ne demeure pas une simple disposition écrite. Mais la réussite de cette démarche suppose de reconnaître qu’une société ne passe pas d’un système linguistique à un autre par la seule publication d’une circulaire et que les agents n’acquièrent pas, du jour au lendemain, les compétences nécessaires à la rédaction administrative.

Pour ceux qui redoutent l’exclusion, la réponse ne consiste pas à ignorer le statut constitutionnel de l’arabe, mais à mettre en place des garanties concrètes afin que la politique linguistique ne devienne ni un obstacle à l’égalité des chances ni une cause de dysfonctionnement des services publics.

À l’ère de l’intelligence artificielle, certains obstacles techniques et financiers liés à la traduction deviennent moins contraignants. Le véritable défi demeure cependant celui de la qualité de l’organisation, de la rigueur de la mise en œuvre et de la volonté de construire une administration capable de concilier efficacité et équité.

Une langue ne devient pas véritablement celle de l’État par le seul fait que la Constitution la désigne comme langue officielle. Pas plus qu’elle ne devient, par sa seule adoption dans les procédures administratives, un instrument d’exclusion. Sa portée réelle dépend de la manière dont les institutions l’utilisent et de leur capacité à servir l’ensemble des citoyens.

Le véritable test de cette circulaire ne résidera donc pas uniquement dans le nombre de documents qui parviendront au cabinet du ministre en arabe. Il se mesurera surtout à la capacité du ministère à faire de cette langue un outil de travail efficace, tout en préservant la qualité du service public, en respectant la diversité linguistique et en veillant à ce qu’aucun citoyen ne se sente moins légitime à appartenir à la communauté nationale en raison de sa langue ou de son parcours scolaire.

*Écrivain et analyste politique

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