Pour un Conseil National de la Sauvegarde de nos Valeurs : CNSAV (Suite 1)

Mon appel en faveur de la sauvegarde des valeurs de notre société et de notre République semble avoir suscité quelque chose d’encourageant : un regain d’intérêt pour les idées, au détriment du bruit.

Des voix m’ont suggéré d’aller plus loin, de développer ce thème et d’en faire une réflexion plus approfondie.

J’ai accueilli cette suggestion avec intérêt.

Je ne prétends pas avoir, dès aujourd’hui, arrêté toute l’approche, ni toute la pédagogie que cette réflexion exige. Je souhaite au contraire prendre le temps de construire cette démarche, étape par étape, afin que le débat porte sur les idées et non sur les personnes.

Mais avant d’aller plus loin, je voudrais lancer une invitation à tous les Mauritaniens :

ayons le courage de regarder en face une régression que nous sommes en train de banaliser.

Une régression qui remet progressivement au premier plan la tribu, la fraction, le « Ehel ceci », le « Ehel cela », l’ethnie, la Communaute, la Région, la race, la langue, au détriment du citoyen, de la Nation et de la République.

Ce que nous n’osions plus dire

Il fut un temps, où l’évocation ouverte de la tribu dans le langage politique n’avait pas la place qu’elle semble reprendre avec force aujourd’hui.

Aujourd’hui, nous avons parfois trouvé d’autres mots.

On ne dit pas nécessairement la tribu.

On parle de « El Jamaa ».

On parle de « الحاضنة الاجتماعية ».

On parle de « Ehel ceci », de « Ehel cela », de telle Communaute , des creations artificielles pour en faire, localement ou à l’Etranger, un fonds dé commerce “électoral- politico- financier

Les mots changent.

Mais une question demeure :

avons-nous réellement changé la logique qu’ils recouvrent ?

C’est cette question qu’il faut avoir le courage de poser.

Car il ne s’agit pas de nier l’existence de la tribu, de la fraction de l’ethnie, ou des solidarités sociales dans notre société.

Il s’agit de savoir quelle place nous voulons leur donner dans notre République.

La question que nous devons nous poser

À partir de quel moment une réalité sociale devient-elle une logique politique ?

À partir de quel moment l’appartenance particulière commence-t-elle à prendre la place de la citoyenneté ?

Et surtout, à partir de quel moment cessons-nous de parler de citoyens pour recommencer à parler de groupes…de groupscules…

Ce sont des questions que nous devons pouvoir poser sans passion, sans accusation et sans esprit de polémique.

Parce que l’enjeu dépasse les personnes.

Il concerne la conception même de notre société et de notre République.

Quelques réflexions pour ouvrir le débat

C’est dans cet esprit que je souhaite consacrer une série de réflexions à ce sujet.

Je ne prétends pas apporter toutes les réponses.

Je souhaite simplement ouvrir un espace où nous pourrons interroger collectivement certaines évolutions de notre vie publique et politique.

Cette série abordera successivement sept questions :

  1. Le Président de la République est-il le Président de tous ?
  2. Quelle place la tribu et la fraction doivent-elles occuper dans une République ?
  3. Que révèle le retour du langage incompatible avec la Republique, nocif et destructurant.
  4. À quel moment l’appartenance sociale devient-elle une logique politique ?
  5. Peut-on affaiblir l’esprit républicain sans toucher formellement aux institutions ?
  6. Quelle différence entre le soutien sincère, la solidarité sociale et la flatterie politique ?
  7. Enfin, comment remettre la citoyenneté, la Nation et l’État au centre de notre vie publique ?

Ce ne sera donc pas une série contre la tribu, l’ethnie ou la région

Ce sera une série pour la République.

Pas une série contre nos traditions.

Mais une réflexion sur les limites que nous devons nous imposer lorsque nos appartenances particulières commencent à envahir l’espace de la citoyenneté.

Nous devons pouvoir être « ceci » ou « cela » dans notre société, tout en restant, dans l’espace public, des citoyens égaux d’un même État.

C’est cette conversation que je souhaite ouvrir.

Et puisque les idées semblent aujourd’hui susciter davantage d’intérêt que le bruit, saisissons cette occasion.

Parlons moins des appartenances.
Parlons davantage de la République.

C’est là que commence notre réflexion.
( À suivre)
Mohamed ould Mihamed El Hacen
Président – fondateur de l’Institut 2 IRES
26 Septembre 2026

والله ولي التوفيق

Loading

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *