Action gouvernementale : programmes exécutés, plans mis en œuvre, ateliers lancés : Entre chantiers visibles, nouveau souffle gazier et cap sur la stabilité

Par Bakari Gueye

Le 1er août 2024, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani prêtait serment pour un second mandat de 5 ans.

Lors de sa prestation de serment, il avait fixé 5 grandes priorités à savoir la lutte contre la corruption avec une promesse d’une « bataille sans merci ; le renforcement de la démocratie et du dialogue en vue de consolider l’apaisement ; Jeunesse et emploi, une priorité démographique ; et le développement des infrastructures et l’accélération des grands chantiers.

Deux ans plus tard, le bilan gouvernemental se dessine autour de 3 axes : la consolidation des infrastructures, l’entrée dans l’ère du gaz, et le maintien de la stabilité. Un bilan marqué par des réalisations techniques concrètes et une économie qui amorce une nouvelle trajectoire.

Ce bilan s’inscrit dans un contexte économique plus favorable. La production du gisement gazier offshore a démarré fin 2024. La croissance est projetée à 4,9% en moyenne sur 2024-2026 et l’inflation a été ramenée à 2,5% attendue en 2024.

L’économie mauritanienne se dirige vers des perspectives positives, prévoyant une croissance moyenne de 4 à 5 % durant la période 2027-2029, soutenue par une augmentation des investissements publics.

Selon le département de l’économie, les orientations budgétaires du projet de loi de finances 2027 devant le parlement, les finances publiques enregistreront des excédents à partir de 2027, concomitamment avec la réduction de la dette publique à environ 36 % du produit intérieur brut.

L’investissement prendra une part croissante des dépenses publiques, mettant en avant l’amélioration des indicateurs économiques durant la période 2023-2025, avec une croissance dépassant 5%, une baisse de l’inflation et une augmentation des revenus.

Gouvernance et modernisation de l’Etat : Des mécanismes qui produisent

La ligne directrice affichée par le gouvernement c’est la lutte sans merci contre la mauvaise gestion et la corruption et l’ancrage de la séparation des pouvoirs.

Ce qui a été fait

Dans le domaine du suivi des projets publics, le mécanisme lancé en septembre 2023 couvre désormais 106 marchés publics. 30 marchés ont été réceptionnés depuis juillet 2025 et la progression moyenne du portefeuille atteint 52% fin décembre 2025.

S’agissant des programmes d’urgence, il convient de noter le lancement le 20 janvier 2025 du programme d’urgence pour Nouakchott et le 6 novembre 2025 du programme pour la généralisation de l’accès aux services de base.

Sur le plan de la modernisation administrative on note la construction du siège de la Délégation générale à la sécurité civile et des Archives nationales et celle du Centre national de données pour renforcer la souveraineté numérique.

En 2026, le suivi des projets publics  est articulé autour du nouveau « Plan RELANCE » (stratégie 2026-2030) et du Programme d’Investissement Public (PIP). Le bilan fait état d’une accélération des grands chantiers structurels, énergétiques et de mobilité urbaine.

En ce qui concerne les infrastructures et la mobilité Urbaine à Nouakchott, Mobilité Horizon 2026 a été lancé avec un investissement d’environ 48 milliards MRO, ce projet prévoit l’aménagement de 51 km d’itinéraires réservés aux bus. Exécuté par le génie militaire, il vise à moderniser le réseau de transport en commun dans toutes les Moughataas de la capitale.

Pour le réseau routier, le gouvernement poursuit l’extension du réseau national, notamment à travers le désenclavement des zones agricoles et côtières (routes Keur Macène-Océan et Achemime-Nbeket Lahwach).

Dans le domaine de l’eau potable, les études pour le grand projet d’acheminement de l’eau du fleuve vers la ville de Tidjikdja ont été finalisées pour améliorer l’accès à l’eau potable dans les régions intérieures.

Il y a aussi l’énergie avec les Hydrocarbures et le Gaz naturel (GTA). Le méga-projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), consolide son statut d’acteur énergétique majeur avec la poursuite des opérations de production de Gaz Naturel Liquéfié (GNL).

En plus, dans le domaine des énergies renouvelables, plusieurs chantiers sont en cours pour l’accès universel à l’énergie propre, dont une centrale solaire majeure entièrement financée sur le budget de l’État pour une capacité de 72 MW.

Le pays attire également de grands investisseurs internationaux grâce à son code pionnier de l’hydrogène vert.

Sur le plan des Partenariats et Financements, l’Agence Française de Développement (AFD) maintient une position forte avec 42 projets actifs, ciblant prioritairement la sécurité alimentaire et la transition écologique.

Pour sa part, la Banque Africaine de Développement (BAD) soutient activement le Programme de modernisation des infrastructures financières (PAMIF) et renforce les acquisitions publiques pour accélérer la mise en œuvre globale des projets en Mauritanie.

Côté cadre légal, le Ministère du Commerce et du Tourisme a aussi opéré une refonte majeure : nouveau Code de Commerce, Loi sur la protection des consommateurs, Loi sur la liberté des prix et la concurrence, et création de l’Autorité de contrôle de la qualité des produits alimentaires.

Les chantiers visibles

Plusieurs projets structurants ont été lancés dans des secteurs clés pour le développement et le bien-être des populations.

Dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable, la capacité d’Aftout Essahli a été portée à 150 000 m3/jour. Il y a eu aussi le renforcement du réseau de Nouadhibou et de son usine de dessalement.

Le secteur des transports avec les routes et la mobilité a été marqué par ma mise en service du pont de l’Amitié « Madrid », du pont de « Hay Sakene », la réhabilitation de la route Aioun-Aweinat Zbel, l’extension du réseau de Nouakchott et le lancement d’un réseau moderne de bus.

Dans le domaine de l’énergie et des Mines, la modernisation de la SNIM a franchi des pas importants. On note aussi le lancement du projet d’uranium à Tiris ainsi que l’adoption d’un plan national hydrogène vert avec volet transfert technologique pour les jeunes ingénieurs.

Le FMI salue les priorités la reddition des comptes, le développement du capital humain et l’inclusion financière.

Commerce et tourisme : Une diversification en marche

Le secteur du commerce et du tourisme a connu un progrès palpable. Il est passé de la structuration à l’investissement.

S’agissant du tourisme des pas importants ont été franchis avec notamment le lancement du programme « Mon pays, ma destination » pour dynamiser le tourisme intérieur ; le retour des vols charters à Atar et l’accueil d’événements internationaux comme l’Africa Eco Race ; l’ouverture d’hôtels de marque : Sheraton Nouakchott 260 emplois, Vasq, Atar, Zouérate.

Sur ce plan, le bilan 2019-2026 est marqué par la construction de 56 hôtels, 33 auberges, 271 restaurants et 157 agences de voyage agréés.

Par ailleurs, au niveau de l’école Nationale des Métiers du Tourisme, 2 promotions ont été formées, avec un taux d’insertion de 90%.

Dans le domaine du commerce, la stratégie d’exportation a permis l’accès aux grands marchés et l’ouverture vers la  ZLECAf qui regroupe 1,3 Milliard de consommateurs ; sans compter les accords avec la Chine, l’UE et la CEDEAO ainsi que la mise en place de la plateforme « Mauritania Trade » et l’étude pour un Guichet Unique du Commerce Extérieur.

Sécurité : Le capital stabilité confirmé

Dans un Sahel marqué par les coups d’État, la Mauritanie conserve son statut d’îlot de stabilité. Aucun attentat majeur depuis 2011. 

Le pays confirme son rôle de « partenaire privilégié des Occidentaux dans la lutte contre le terrorisme au Sahel ». Cette stabilité est un atout majeur pour attirer les investissements dans le gaz et l’hydrogène.

Les défis encore à relever : La question sociale

Avec plus de 70% de Mauritaniens de moins de 35 ans, Ghazouani a fait de l’aide aux plus démunis et à la jeunesse un chantier prioritaire.

Si les grands équilibres tiennent, l’emploi des jeunes reste le chantier prioritaire. 

Le chômage est passé de 11,8% en 2021 à 13,3% en 2024. Le chômage des jeunes atteint 36,7% et celui des diplômés 19,6%. 

Le gouvernement a mis l’accent sur la formation professionnelle et les dispositifs d’insertion. Les retombées concrètes des grands projets gaziers et d’infrastructures sur l’emploi sont attendues dans les 3 prochaines années.

En santé et éducation, les efforts se poursuivent avec la formation professionnelle et les programmes de nutrition, mais des inégalités urbain/rural et des ruptures d’approvisionnement persistent dans certaines zones.

A 3 ans de la fin du mandat : La logique des résultats

À mi-parcours de son second mandat, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani joue la carte de la continuité technique et des grands projets. Avec le gaz, l’hydrogène et une inflation maîtrisée, la Mauritanie dispose de marges nouvelles.

L’enjeu des 3 prochaines années sera de transformer ces investissements structurants en résultats tangibles pour les ménages : emplois, pouvoir d’achat et accès aux services de base. Le pari : que le « nouveau souffle gazier » se traduise directement dans le quotidien des Mauritaniens.

Un cap affiché, mais une confiance à consolider. La Mauritanie reste confrontée à « faible redistribution des richesses, justice sociale incomplète, et fragilité des institutions ».

La prochaine étape sera de transformer les ambitions en résultats tangibles pour que les retombées du gaz profitent directement aux ménages.

Source : Magazine HORIZONS/Aout 2026

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