Zeinabou Taleb Moussa faite Chevalier de la Légion d’honneur : la France distingue une vie consacrée aux droits des femmes et des enfants

Par Hawa Bâ

Nouakchott, 22 juillet 2026 – La France a élevé Zeinabou Taleb Moussa au rang de Chevalier de la Légion d’honneur, la plus haute distinction honorifique de la République française.

La décoration lui a été remise mercredi, à la Résidence de France à Nouakchott, par l’ambassadeur de France en Mauritanie, Emmanuel Besnier.

Présidente de l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (AMSME) et membre du Comité des Nations Unies des droits de l’enfant, Zeinabou Taleb Moussa est récompensée pour plus de vingt-cinq années d’engagement en faveur des droits humains, de la protection des femmes et des enfants et de la lutte contre les violences basées sur le genre, en Mauritanie comme à l’international.

Une distinction dédiée à toutes les personnes engagéesTrès émue, la récipiendaire a accueilli cette distinction avec « une profonde émotion, une immense gratitude et beaucoup d’humilité ».

Elle a estimé que cette reconnaissance dépasse son parcours personnel et constitue un encouragement à poursuivre son combat pour la justice, la solidarité, la paix et la dignité humaine.

« La Légion d’honneur incarne les valeurs d’engagement, de mérite, d’excellence et de service de l’intérêt général. Au-delà de la reconnaissance d’un parcours, elle invite à poursuivre avec davantage de détermination le service des autres », a-t-elle déclaré.

Zeinabou Taleb Moussa a exprimé sa gratitude au président français Emmanuel Macron, Grand Maître de l’Ordre national de la Légion d’honneur, ainsi qu’à l’ambassadeur Emmanuel Besnier et aux équipes diplomatiques françaises.

Elle a également associé cette distinction à la Mauritanie, à l’AMSME, à ses partenaires, à sa famille ainsi qu’à toutes les femmes, les enfants et les familles qui lui ont accordé leur confiance au fil des années.

Elle a rappelé qu’elle poursuit aujourd’hui son engagement à la tête de l’AMSME, qu’elle préside depuis plus de vingt-cinq ans, tout en représentant la Mauritanie au sein du Comité des Nations Unies des droits de l’enfant.Un parcours pionnier salué par la FranceDans son allocution, l’ambassadeur de France, Emmanuel Besnier, a rendu hommage à une personnalité qu’il a présentée comme l’une des grandes figures mauritaniennes de la défense des droits humains.

« En vous remettant aujourd’hui cette décoration, c’est l’engagement d’une vie au service des droits de l’homme qui est salué », a-t-il affirmé.Le diplomate a retracé le parcours de Zeinabou Taleb Moussa, originaire de Tintane, dans le Hodh El Gharbi. Il a notamment rappelé qu’elle a fondé l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant en 2000, avant de créer, dès 2001, El Wafa, premier centre mauritanien dédié à la prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences sexuelles.

Il a également mis en lumière son rôle dans la lutte contre les violences faites aux femmes, son implication dans le plaidoyer autour de la loi Karama ainsi que son travail de sensibilisation sur des sujets longtemps restés tabous, notamment les mutilations génitales féminines, le mariage précoce et le gavage.Une reconnaissance de portée internationaleL’ambassadeur a souligné que l’action de Zeinabou Taleb Moussa dépasse largement les frontières de la Mauritanie. Grâce au statut consultatif obtenu par l’AMSME auprès du Conseil économique et social des Nations Unies dès 2005, elle a participé à plusieurs mécanismes internationaux consacrés à la protection des droits des femmes et des enfants et pris part à de nombreuses initiatives en Afrique et dans d’autres régions du monde.

Il a également rappelé son élection, en 2024, au Comité des Nations Unies des droits de l’enfant, une candidature soutenue par la France dans le cadre de sa diplomatie féministe.

Une distinction qui appelle à poursuivre le combat

Pour Emmanuel Besnier, cette décoration honore bien davantage qu’un parcours individuel.« La France n’honore pas seulement une grande dame de la défense des droits des femmes et des enfants. Elle distingue une femme qui a démontré que ces droits sont des valeurs universelles, qu’il convient de défendre partout et pour tous », a-t-il déclaré.Rappelant que « la Légion d’honneur oblige autant qu’elle récompense », il s’est dit convaincu que la nouvelle Chevalière poursuivra son engagement avec la même détermination au service de la justice, de la paix et des droits humains.

En clôture de la cérémonie, Zeinabou Taleb Moussa a réaffirmé sa volonté de poursuivre son action aussi longtemps que possible. « Les honneurs passent, mais le devoir demeure. Les distinctions honorent un parcours ; elles nous invitent surtout à poursuivre notre service avec toujours plus d’humilité, de courage et de fidélité aux valeurs qui nous rassemblent », a-t-elle conclu.

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