Mederdra, ville du Trarza, située à quelques 150 kilomètres de Nouakchott.

Ce qui frappe à Medredra, par une nuit de janvier, c’est la douceur de l’air frais qui semble avoir une vertu curative pour le visiteur arrivant de Nouakchott  avec comme bagages les stresses et la fatigue accumulées dans une ville pressante…

Le calme d’un soir de Mederdra guérit de ces vacarmes inoculés par les haut-parleurs crachant à longueur de journées et de nuits : « envoyé crédit !!! Crédit envoyé !!! Transfert d’argent, envoyé d’argent !!!tahwiil el wadha !!!…. »

 

Le havre de paix

Thérapeutique avons-nous dit à propos de l’air frais de Mederdra. Oui, parce que sur cette terre de l’Iguidi dont les habitants sont connus pour un sens de la répartie et un sang froid original, le sable est une berceuse. Berceuse parce qu’on marche sur la dune, en inspirant et en s’inspirant, sans se rendre compte que l’on glisse ver le Guewd…

Quelque part dans ce quartier se trouve un arbre. Parmi tant d’autres, certes. Mais cet arbre eut l’avantage d’avoir abrité un érudit, un savant que le siècle dernier connut.

Baliou Mamayari et Jiddou Ould Elemine, pèlerins à Mederdra.

Cheikh Ahmad Hamahoullah que le colon avait assigné à résidence sur cette terre de 1925 à 1930, nous rappelle-ton, se recueillait sous cet arbre pour renouer avec le calme, le sang froid qui le distinguaient.

En hassaniyya, cet arbre s’appelle « techtaaye », ses fruits sont le mureau-blanc ou « touggue »…En soninké techtaaye c’est « sexen,nyitte » -arbre du sexenne, du mureau-blanc-

 

 

 

Un pôle d’attraction spirituelle

Si on veut ce sera « Seexena Yitte » (l’arbre de Cheikhna) pour cet arbre, un vestige qui pourrait bien faire partie du patrimoine national si par inspiration une autorité locale, un administrateur visionnaire ou même un citoyen alerte décidaient de placer des bibliothèque et autres structures culturelles et scientifiques dans la cour clôturée qui entoure désormais cet arbre centenaire à Mederdra…

Un pôle d’attraction spirituelle, voilà ce que pourrait être fait de cet espace que chérit mon ami et frère Baliou Mamayari Coulibaly, disciple et grand admirateur  du Cheikh Ahmad Hamahoullah, grâce à qui ce séjour à Mederdra a été effectué samedi 27 janvier 2018 auprès de notre ami Jiddou Ould Elemine, Mr JOE, venu lui aussi se ressourcer sur  ces sables de Mederdra  où il laissa son empreinte d’enseignant d’anglais dans les  années 90.

 

K-Tocka