Transition énergétique en Mauritanie: Stratégie de contenu local et enjeux environnementaux

L’atelier organisé à Nouakchott les 29 et 30 juillet par le Programme Régional Sahel piloté par la fondation Konrad Adenauer a planché sur plusieurs aspects de la transition énergétique en Mauritanie.

Au cours de la seconde journée les participants ont eu droit à plusieurs présentations notamment sur les retombées sociaux économiques locales et la création d’emplois et sur les enjeux environnementaux liés à l’eau et à l’accessibilité sociale.

Ces 2 panels ont été assurés par Lebatt Ould Ebou PDG de COGER, Mokhtar Ould Aoufa expert en Insertion-Emploi, Djigo Adenane géographe, cartographe et environnementaliste et Mohamed Yahya Eba Consultant formateur en Transparence dans les Industries Extractives et RSE.

Au sujet de l’adéquation formation-emploi les contraintes sont nombreuses mais les entreprises nationales peuvent tirer profit des nouveaux métiers verts.

En matière d’énergie renouvelable les opportunités existent.

Le premier programme régional solaire en la matière a été lancé en 1991 au profit des pays du CILS.

Ce programme était financé par l’Union Européenne.

Emplois verts : la jeunesse mauritanienne face au double défi

La Mauritanie a du soleil, du vent et du gaz. Elle a aussi une jeunesse dynamique. Mais le chômage pousse à l’émigration.

Aujourd’hui la Mauritanie fait face à un double défi.

La jeunesse est dynamique mais le chômage est là d’où une forte émigration vers l’extérieur.

Mais face au défi environnemental et au changement climatique, les métiers verts peuvent être des leviers pour l’économie du pays notent les experts.

Dans le domaine de l’adéquation formation-emploi il y a le programme UniPod pour l’employabilité des jeunes soutenu par le PNUD.

Il y a aussi le programme TECHGHIL initié par le gouvernement et qui aide les jeunes à effectuer des stages dans les entreprises qui peuvent déboucher sur un emploi.

D’autres programmes existent comme le PARSEM et INAP FTP financé par l’agence française de développement (AFD).

Contenu local : La Mauritanie a 5 ans de retard sur le Sénégal

S’agissant du contenu local,il est considéré comme un levier très fort de transformation.

Les experts estiment que la communauté doit être associé et consulté à toutes les étapes du processus, avant, pendant et après le lancement de tout projet.

Malheureusement ont souligné les experts la Mauritanie est en retard sur ce plan car la loi sur le contenu local n’existe que depuis 2024 soit bien après le lancement du GTA, alors qu’au Sénégal, cette loi existe depuis 2019 ce qui a permis a ce pays de profiter beaucoup plus du projet gazier, contrairement à la Mauritanie qui n’a même pas pu décrocher le marché du catering ( la restauration).

Aujourd’hui le cadre institutionnel existe mais il va falloir l’appliquer.

Selon les experts, les entreprises mauritaniennes souffrent  d’un manque de professionnalisme et d’expertise. Une mise à niveau s’impose.

Cette remise à niveau devrait commencer par les centres de formation professionnelle qui forment 19260 personnes tous les ans.

Malheureusement la formation qui y est dispensée est inadaptée.

Les professeurs ne sont pas recyclés, le matériel est vétuste et les programmes datent des années 60.

Pour les experts, les entreprises mauritaniennes doivent pour être compétitives s’aligner sur les standards internationaux ISO et IEC.

Les autorités doivent s’inspirer de ce qui se fait ailleurs.

Au Japon par exemple ce sont les entreprises qui forment leurs employés qui au préalable ont tout juste une formation de base dispensée par l’Etat.

C’est le cas pour TOYOTA  et MUTSHIBICHI.

Ainsi, au niveau des entreprises toutes les formations doivent être certifiées.

Et il se trouve qu’en Mauritanie il n’existe pas de structures de certification. Cela doit être corrigé.

S’agissant du gaz il existe les certifications HSE et ATEX.

Eau, déchets, gouvernance : l’environnement au cœur du débat

Par ailleurs la question de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des marchés publics est cruciale selon les experts qui soutiennent que le rôle de la Société Civile dans ce domaine est fondamental.

Elle doit être présente sur l’axe d’exploitation de l’hydrogène vert qui va de Rosso à Nouadhibou via Ndiago.

A noter que pour l’hydrogène vert on table sur 200 à 300.000 emplois avec des niveaux BT et BTS.

De gigantesques projets existent dans ce domaine.

Y a par exemple le projet AMAN suspendu en juin 2025 et qui projetait un investissement de 40 milliards de dollars avec 110 TWH dont 30 MGW/an.

Il y a aussi le projet DREAM pour fabriquer les batteries de stockage, un projet financé par la Banque Mondiale. Approuvé par le le 27 mars 2025, il est doté d’un financement de 82,5 millions de dollars,Il vise à développer le stockage d’électricité par batteries et l’hydrogène vert.

Concernant le volet environnemental la gestion de l’eau devrait se faire à travers une autorité indépendante qui doit veiller à la bonne répartition de cette eau entre les usages domestique et industriel et suivre le rejet des eaux polluées dans l’océan.

Cette autorité s’occupera aussi du recyclage des eaux usées.

Ainsi, pour les experts le contenu local doit être contraignant et il doit figurer en bonne place dans toutes les obligations contractuelles.

Bakari Gueye

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