La ville de Nouadhibou abrite depuis aujourd’hui un atelier de formation sur la problématique de la nutrition, à l’intention d’une vingtaine de journalistes venus de différents coins du pays.
Le lancement de l’atelier organisé par l’agence belge de Coopération Internationale ENABEL en collaboration avec le ministère de la culture des arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement a eu lieu en présence d’un représentant des deux entités.
Aujourd’hui, la malnutrition est un enjeu majeur pour le développement économique, humain et social en Mauritanie.
Selon les données de l’enquête SMART 2008-2025, la situation de la malnutrition n’a pas beaucoup évolué aussi bien pour la malnutrition globale que pour la malnutrition aigüe que pour la malnutrition chronique qui touche ¼ des enfants de moins de 5 ans et constitue un problème de santé publique.
Ainsi, la malnutrition infantile demeure un problème persistant malgré d’importants efforts déployés durant la dernière décennie. La malnutrition aigüe dépasse les seuils d’urgence dans près de la moitié des régions du pays. En parallèle, la prévalence du surpoids augmente de façon exponentielle devenant un véritable enjeu de santé publique.
Ce double fardeau de la malnutrition (sous-nutrition et surpoids) entraine des coûts humains et socio-économiques insupportables qui justifie des investissements importants dans les secteurs contributifs (cout de l’inaction associée à la sous-nutrition seulement a été estimé à 4,7% du PIB annuel).
Les causes de la malnutrition en Mauritanie sont diverses et incluent des performances insuffisantes du système agricole, la persistance de chocs multiformes et des inégalités, notamment celles de genre qui piègent une partie de la population dans le cercle vicieux de la pauvreté et de la malnutrition.
ENABEL qui organise cet atelier pilote actuellement en Mauritanie le programme SYSALIM (Systèmes Alimentaires Durables et Inclusifs pour une Meilleure Sécurité Alimentaire en Mauritanie.
Ce programme de 13.500.000 Euros s’inscrit dans le partenariat Mauritanie Union-Européenne 2021-2027 et ambitionne de transformer durablement les systèmes alimentaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
L’agence belge supervise un portefeuille intégré au service de la résilience et de l’inclusion en Mauritanie avec 5 projets structurants (AI-PASS 3, SECURALIM, SYSALIM, MIRECAM et PRADEP-AOS) pour une période d’intervention s’étalant de 2024 à 2030 et une enveloppe de 55 Millions d’euros.
Le gouvernement mauritanien accorde pour sa part un intérêt croissant pour cette problématique transversale avec le leadership du ministère de l’économie qui est le point focal SUN (Scaling Up Nutrition) qui est chargé de piloter les objectifs nationaux en matière de nutrition.
Il y a aussi le Conseil National pour le développement nutritionnel présidé par le Premier ministre ainsi qu’une plateforme nationale regroupant les acteurs de la Société Civile.

Notons qu’au cours de cet atelier sera lancé le réseau des journalistes pour la nutrition. Il y aura la présentation du cadre de redevabilité et de visibilité ainsi que l’élaboration de l’organigramme, du statut et du plan d’action du réseau.
Au programme également, une présentation du groupe parlementaire de lutte contre la malnutrition et des discussions sur les synergies à créer entre ce groupe et le réseau des journalistes.
Bakari Gueye
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