Le Baccalauréat est un diplôme national qui sanctionne la fin des études secondaires au lycée. Il vise la poursuite des études supérieures principalement en université. Certes, dans certains pays comme la France, les épreuves terminales comptent pour 60% de la note finale, tandis que les disciplines évaluées dans le cadre du contrôle continu représentent 40% de la note finale. Mais en général, comme en Mauritanie, ce sont les épreuves d’examen qui déterminent l’obtention ou non du diplôme.
Cette formule radicale est-elle la meilleure pour évaluer les capacités de l’élève ? Est-il juste d’évaluer un élève en trois jours après six ans de cycle secondaire ?
Une telle question a été soulevée par le Ministre mauritanien de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement Local et mérite réflexion.
Il est vrai qu’il existe une réelle volonté de « rationalisation » du système du
baccalauréat mauritanien. La formule antérieure était régulièrement critiquée pour sa lourdeur administrative, son manque de fiabilité et les fraudes récurrentes.
Parmi les mesures phares de réforme, on peut relever la réduction du nombre de matières examinées. Désormais, seuls les enseignements fondamentaux liés à chaque série seront évalués, une décision censée alléger la charge des élèves et recentrer les efforts sur les compétences clés. On peut également noter l’instauration d’un système de compensation entre les matières. Jusqu’ici, l’échec dans une discipline pouvait coûter l’ensemble de l’examen. Dorénavant, une note faible pourra être compensée par une autre plus élevée, à condition d’atteindre une moyenne générale suffisante. Ce mécanisme vise à mieux refléter les acquis globaux des candidats et à réduire l’échec massif.
Mais le problème demeure. 3 jours suffisent-ils pour évaluer 12 ans d’enseignement primaire et secondaire ? Un bon élève peut être affecté par des problèmes sociaux qui peuvent altérer ses performances durant ces trois jours : décès des parents, une insomnie la veille ou tout autre cas social.
La réforme attendue est celle qui pondère les notes obtenues au bas avec celles de la classe de terminale. Une telle option est plus juste et pousse l’étudiant à performer pas seulement au baccalauréat, mais de manière constante, pendant tout le cycle secondaire.
Les autorités académiques sont donc invitées à réfléchir sur les opportunités de forme liées à cette question cruciale.
Docteur Bakar Brahim Diah
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