Dans le cadre du paquet de projets financés par l’UNICEF et mis en œuvre par diverses ONG dans la région de l’Assaba les volets nutrition et watch figurent en bonne place.
Et parmi les activités menées sur le terrain on note entre autres la construction de latrines en vue d’assurer la sécurité des enfants et la formation de comités watch. Des interventions sont faites au niveau des écoles et des centres de santé.
C’est ainsi qu’à ce jour on compte 35 constructions au niveau des sites de résilience.
Il y a aussi la formation et l’équipement des maçons. Par ailleurs des femmes championnes pour la protection des droits des enfants jouent un rôle important.
La malnutrition et la sécurité alimentaire en ligne de mire
Piloté par la World Vision, le « Projet de renforcement de résilience des groupes les plus vulnérables contre la malnutrition et la sécurité alimentaire » est un projet multisectoriel couvrant plusieurs domaines (nutrition, santé, préscolaire, protection, watch et emploi.)
Il intervient dans 5 communes (Tenaha, Kankossa, Blajmil, Sani et Hamod) et couvre 66 localités.
S’agissant de l’éducation préscolaire, le projet apporte un appui logistique et intervient dans la formation des monitrices.

Dans le domaine de la nutrition et en partenariat avec la direction régionale de l’action sanitaire il apporte un appui logistique, procède au renforcement des capacités des infirmiers et au dépistage des enfants malnutris, à travers des relais communautaires. Ces enfants sont envoyés en prise en charge.
Des compléments alimentaires leur sont distribués.
Pour le volet Santé, le projet renforce la vaccination, apporte un appui technique aux agents de santé de base.
Dans le domaine de la protection plusieurs activités sont mises en œuvre dont le renforcement de l’accès à l’état civil avec notamment la sensibilisation sur la nécessité du recensement par les agents communautaires. Et pour enrôler leurs enfants, les familles bénéficient de frais de transport.
En collaboration avec la direction régionale des affaires sociales, des sessions portant sur le respect du droit des enfants (protection, lutte contre l’excision…) sont organisés par le projet.
L’emploi des jeunes est axé sur des formations en entreprenariat et sur le financement des AGRs à hauteur de 30.000 MRU.

L’assainissement et l’hygiène sont aussi pris en compte dans le cadre de l’approche ATPC (Assainissement Total Piloté par la Communauté).
Le projet construit des réservoirs d’eau dans les centres de santé et disponibilise les détergents.
Au niveau de 10 localités, des maçons sont formés (2 par village) et équipés.

Selon Sidi Mohamed Ould Naji représentant de Word Vision à Kankossa et coordinateur du projet financé par l’UNICEF : « Notre travail est basé sur la sensibilisation des couches les plus vulnérables. La sensibilisation rencontre beaucoup de résistance mais les relais communautaires jouent un grand rôle. »
Sidi Mohamed souligne par ailleurs l’importance des GASPA (Groupe Apprentissage Pratique et Suivi d’ANJE (Alimentation de Nourrissons et de Jeunes Enfants).
Il s’agit de groupes composés de 8 à 15 femmes qui s’occupent au niveau des communautés villageoises de la sensibilisation, du suivi, des consultations prénatales, des femmes allaitantes, de l’alimentation…

Nana Mint Lemrabott, relais communautaire de World Vision dans le village d’Agmamine situé à une dizaine de kms de kankossa témoigne : « Avec les GASPA nous avons de précieuses informations sur les enfants. »
Et pour Lalla Mint Sidi Mohamed, agent de santé communautaire basé à Agmamine : « Ce projet nous apporte beaucoup de choses. J’ai subi une formation de 19 jours à Kiffa en 2018. J’apporte les soins de base et surtout le dépistage des enfants malnutris. Le projet nous donne des vitamines pour les enfants. Nous avons ici 75 enfants au total. Je donne des conseils aux femmes enceintes. »

Autre témoignage sur l’importance des GASPA, celui de Houlèye Diallo, relais communautaire de World Vision à Wouro Diam Tane situé dans la banlieue de Kankossa : « Nous sommes fiers de ce projet qui nous apporte beaucoup de choses. Avant on avait beaucoup de soucis, surtout pour nos enfants et pour les femmes enceintes. Les femmes ne partaient pas au dispensaire.
Maintenant chaque femme a son carnet et obtient des soins. Et pour les enfants de 6 à 23 mois on leur donne les vitamines fournis par le projet et ils se portent mieux.
Les enfants handicapés sont pris en charge. Le projet les aide pour s’inscrire dans le préscolaire et à l’école.
Nous bénéficions aussi de la distribution de kits alimentaires. »

Abondant dans le même sens Aissata Abdoulaye Diallo, membre du même GASPA affirme : « Le PAM et Word Vision nous aident beaucoup avec les rations et les vitamines. On compte sur le projet pour la construction d’un jardin d’enfants. On souhaite aussi qu’on nous aide pour l’enrôlement de nos enfants.»
Bakari Gueye
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