DEC 22 Fatimata Sy, Directrice de l’Unité de Coordination du PO « Il faut repenser les stratégies, les approches pour que les jeunes aient accès à la contraception »

La Directrice de l’UCPO tire, dans cet entretien, quelques enseignements de la 5ème Réunion Annuelle.

Quels sont les trois enseignements clés de la 5ème Réunion Annuelle du PO ?

Le premier enseignement est que nous avons tenu une réunion qui a battu les records en termes de participation. Nous avons eu 350 participants contre 250 en 2015 ; 140 en 2014 et nous n’étions que 😯 en 2013. Le deuxième enseignement est que nous avons réussi à mettre au cœur de nos discussions une problématique commune aux 9 pays du PO à savoir la prise en compte des jeunes.

Cette thématique a fait l’unanimité. Il nous faut absolument repenser les stratégies, les approches pour que les jeunes aient accès à la contraception de façon responsable. Troisième enseignement : en 2011, quand nous lancions le PO, six bailleurs s’étaient engagés à soutenir le Partenariat. Pour moi, c’est un groupe clé parce qu’ils sont d’accord de travailler ensemble en respectant certains principes.

Le premier principe est qu’ils partagent des informations sur leurs approches, leurs stratégies, leur vision. Le deuxième principe  est que chaque bailleur qui intègre ce groupe accepte d’utiliser les plans d’action nationaux budgétisés des pays comme un outil pour aligner leurs financements. Cela permet d’éviter des doublons dans les pays avec les autres partenaires. Le troisième principe de travail, qui distingue ces bailleurs, c’est qu’ils parlent de la même voix. Au début, ils étaient six. Deux nouveaux bailleurs – et pas des moindres – les ont rejoints. Il s’agit du Royaume des Pays-Bas et de la Fondation Buffet. C’est une Fondation qui a beaucoup de ressources et qui s’intéresse fortement aux questions de santé sexuelle et reproductive. Voilà mes trois motifs de satisfaction au sortir de cette 5ème Réunion Annuelle.

Comment faire pour que les adolescents et les jeunes soient le moteur de la phase d’accélération ?

Ici, à Abidjan, nous avons vu la jeunesse nous dire clairement ce qu’elle veut qu’on fasse pour elle et avec elle. Un représentant des bailleurs, fortement impressionné par l’enthousiasme des jeunes a dit ceci : « on va prendre les jeunes comme moteur de la phase d’accélération.» Le premier jour de la Réunion, il y a eu une concertation avec les jeunes qui ont développé des plans d’action. Nous allons analyser ces plans d’action avec les jeunes et voir comment les mettre en œuvre d’ici 2020. Nous avons mis en place un groupe de réflexion appelé Think Tank au sein duquel il y a des experts qui travaillent sur la problématique des jeunes et des questions de droits et de santé sexuelle et reproductive. Ces experts travailleront avec les jeunes pour développer une feuille de route pour la mise en œuvre des recommandations issues de la table-ronde des jeunes. Nous allons réfléchir sur les pistes pour mieux renforcer les activités d’information. Des réflexions seront menées pour que les jeunes accèdent davantage à la contraception et de manière responsable. Nous continuerons à discuter avec les communautés et leurs leaders. Ce dialogue concernera ceux qui sont d’accord avec ce que nous faisons et ceux qui sont contre. C’est un dialogue permanent. Le plus important est que ce dialogue se passe dans le respect de nos valeurs et qu’on soit le plus réaliste possible pour de cette jeunesse.

Quelle est la prochaine étape après Abidjan ?

Un rapport sera rédigé et partagé avec toutes les parties prenantes (les pays, la société civile, les bailleurs, les jeunes). Concernant les recommandations, nous allons créer un groupe de travail qui regroupera des représentants de ces parties prenantes pour les traduire en action. Ce sera fait en 2017. Une fois que nous aurons une feuille de route, elle sera vulgarisée au niveau des 9 pays et sa mise en œuvre confiée aux points focaux du PO.

Propos recueillis par E.B.S

Bulletin N°4 du PO, Abidjan, décembre 2016