« Comment osez-vous asservir les hommes alors qu’ils sont nés libres ? », c’est sous ce slogan que l’association Maison de la Liberté pour la défense des droits de l’homme a lancé ses activités mercredi 22 novembre à Nouakchott.

Née de la volonté d’un groupe de jeunes mauritaniens qui dit rêver d’en faire  « une maison pour tous ceux qui ont pour espoir de se libérer de l’esclavage, l’exclusion et le racisme », cette association a présenté mercredi 22 novembre 2017 à Nouakchott sa vision, ses politiques et ses objectifs.

Selon M. El Maaloum Ould Maaloum,  Président de cette organisation, la Maison de la liberté ou « bayt el hourriyya »  « l’Islam est une religion de liberté et de libération. »  Revenant  sur le rôle du leader  Rbi’Ibn Amer, de la génération venue après le Prophète Muhammad, qui fut  dépêché Sa’d Ibn Ebi Waqqas chef militaire musulman nommé par le khalife Oumar ibn Khatab auprès du chef militaire des armées perses  Rustum, il a rapporté que l’homme a  tenu les  propos suivants : « Nous sommes un peuple envoyé par Allah pour sauver l’humanité  du polythéisme et adorer Allah le Tout Puissant, et pour sauver l’humanité de l’injustice. » IM. Maloum a également rappelé des propos d’Oumar Ibn Alkhtab  dénonçant fermement l’esclavage : « Depuis quand asservissez- vous les gens alors que leurs mères les ont enfantés  libres ? »  

Parlant du  motif contextuel de la mise en place de l’association Maison de la Liberté, le président de cette association a indiqué qu’il est fondé sur le fait que la Mauritanie «  a connu des siècles de pratiques esclavagistes arbitraires dont a souffert  toutes les couches ,les  ethnies et les régions ,un esclavage qui a privé des êtres humains de  leur liberté et de leurs droits à l’éducation et à la propriété en les transformant  juridiquement en des demi-humains. »

 

Autre constat selon l’association ; « malgré un recul des pratiques esclavagistes, des  séquelles demeurent visibles à travers les conditions misérables de la couche des Haratines. »

L’association Maison Libre a indexé par ailleurs les communautés soninkés et halpulaar au sein desquelles persistent, toujours selon elle, des séquelles de l’esclavage explicites et provocatrices. « Certaines couches d’esclaves Soninké ou maccudo halpulaar sont  privées de leurs droits de propriété foncière, de leur droit d’assister à la prière dans les Mosquées ou d’avoir  la représentativité politique ni d’accès  à l’éducation ou à la propriété et au  leadership dans leur communautés villageoise. » A écrit cette association dans son document lu ce mercredi devant des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes, venus assister au lancement des activités.

Concernant le motif national, il a été indiqué que la  question de l’esclavage et de la liberté n’est pas seulement une question de droits humains mais «une  problématique nationale.»   Ainsi, la République Islamique de Mauritanie ayant « adopté plusieurs accords internationaux et lois nationales qui criminalisent toute forme d’esclavage »,  connait, malgré tout, des pratiques esclavagistes persistantes avec des coupables impunis. « Ceci nécessite la conjugaison des efforts nationaux pour l’application de la loi et instaurer la justice. »  Souligne-t-on du côté de la Maison de la liberté.

En termes de  vision, l’association  Maison de la liberté se veut une Organisation nationale pionnière dans la lutte contre l’esclavage et ses séquelles au sein de toutes les couches nationales. Elle dit œuvrer pour la justice, la fraternité entre toutes les composantes du  peuple mauritanien. Elle « met l’accent surtout sur la cause des Haratines dans toutes ses différentes dimensions. »

 

K-Tocka