Le texte consacré à la candidature de la Dr Coumba Ba au poste de Secrétaire générale de la Francophonie appelle, à mon sens, une mise au point.
On peut naturellement discuter une candidature, interroger ses chances ou analyser ses forces et ses faiblesses. Mais réduire la valeur d’une candidate à une prise de parole, en soulignant ses hésitations ou ses difficultés d’expression, relève davantage du procès personnel que de l’analyse professionnelle.
Ce qui me surprend davantage, c’est que cette critique émane d’un journaliste reconnu et respecté. À ce titre, on aurait plutôt attendu de lui qu’il contribue à faire connaître et à défendre, avec objectivité, les compétences de tout cadre mauritanien engagé dans une compétition internationale, sans pour autant renoncer à l’esprit critique. Lorsqu’un candidat présente des faiblesses, le rôle du journaliste est aussi de les contextualiser, de les expliquer et, pourquoi pas, de suggérer comment les corriger — pas de les transformer en argument contre sa personne.
Pour avoir côtoyé la Dr Coumba Ba pendant trois ans, je peux, pour ma part, témoigner d’une réalité bien différente de celle suggérée par ce texte.

Je l’ai vue rédiger elle-même ses rapports, sans recourir à quiconque pour la langue française. J’ai voyagé avec elle et pu apprécier sa capacité à échanger avec des interlocuteurs de très haut niveau, à défendre ses positions et à convaincre. Je l’ai également vue synthétiser des rapports et des stratégies complexes, mais aussi relire et corriger des discours préparés par des experts.
La juger sur une seule prise de parole, c’est donc méconnaître profondément son profil et son parcours.
Quant au choix de sa candidature, il ne revient ni aux journalistes ni aux commentateurs : le Président de la République l’a portée en connaissance de cause, en fonction de son expérience, de ses compétences et de la confiance qu’il place en elle.
La candidature de Coumba Ba peut être discutée. Elle peut même être critiquée. Mais elle mérite de l’être sur le fond, sur son parcours et sur ses capacités à exercer la fonction, pas à travers une attaque personnelle fondée sur quelques maladresses de langage.
C’est surtout là que se trouve le paradoxe : au moment où une Mauritanienne porte les couleurs du pays dans une compétition internationale, nous devrions être les premiers à valoriser ses atouts, à identifier lucidement ses éventuelles faiblesses et à l’aider à les corriger — plutôt que de contribuer nous-mêmes à fragiliser sa candidature.
Mohamed Feily dit Antar
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