4e édition de la Nuit d’Al-Mahaba à Nouakchott : Célébration du patrimoine, de la diversité et du vivre-ensemble

Vendredi 28 août, le parc de l’OMVS à Nouakchott a accueilli la 4e édition de « La Nuit d’Al-Mahaba », organisée par le Centre TERANIM pour les arts populaires.

Placée sous le signe du partage, de la fraternité et du vivre-ensemble entre les différentes communautés mauritaniennes, cette soirée culturelle a été organisée à l’occasion du Mawlid al-Nabawi, commémorant la naissance du Prophète Mohamed, paix et salut sur lui, sous le parrainage de la présidente de la Région de Nouakchott, Mme Fatimetou Mint Abdel Malick.

La Nuit d’Al-Mahaba se veut avant tout un espace de rencontre et de partage. Son concept repose la rencontre, autour de dîners partagés, dans une atmosphère de convivialité, tout en offrant au public l’occasion de découvrir la richesse et la diversité des expressions artistiques et culturelles de la Mauritanie.

Le Madih, poésie et chant d’éloge à la gloire du Prophète Mohamed, paix et salut sur lui, y a occupé une place centrale. La scène a ainsi réuni plusieurs formations représentant différentes traditions culturelles et linguistiques du pays : les troupes de TERANIM, avec leurs chants en hassaniya, la troupe Manassik Ahl El Widad, qui interprète le Madih en pulaar, ainsi que la troupe Daïrat Khidmat El Khadim, en wolof.

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, M. Yacoub Ould Salem Vall, du secrétaire général du ministère de la Culture, M. Sidi Mohamed Jeddou Khattri, ainsi que de la présidente de l’Observatoire national des droits des femmes et des filles, Mme Fatimetou Mohamed Lemine Ndiayane.

Le public a répondu massivement à cette quatrième édition de « La Nuit d’Al-Mahaba », donnant à la soirée une atmosphère particulièrement chaleureuse, à la hauteur de l’esprit de fraternité qui en constitue le fondement.

Pour la présidente de la Région de Nouakchott, cette rencontre représente avant tout « une occasion de renouer le lien entre le peuple et son patrimoine ».

Mme Fatimetou Mint Abdel Malick a souligné que « la poésie à la gloire du Prophète Mohamed demeure vivante en Mauritanie » et qu’elle représente « un amour transmis de génération en génération, s’exprimant à travers des poèmes et des éloges qui touchent les cœurs et enrichissent la diversité culturelle et le patrimoine national ».

Un patrimoine qu’elle décrit également comme une « mémoire collective et de l’identité nationale », qu’il importe de préserver et de rendre accessible aux nouvelles générations.

Pour la présidente de la Région de Nouakchott, « lorsque la culture porte des valeurs nobles, elle devient un pilier du développement qui unit les citoyens ».

Elle a, enfin, réaffirmé l’engagement de la Région de Nouakchott à soutenir les initiatives culturelles et patrimoniales qui contribuent au renforcement de la cohésion sociale et à la promotion de l’ouverture d’esprit auprès des jeunes.

Un rendez-vous placé sous le signe de la fraternité

Pour Mohamed Ali Bilal, président du Centre TERANIM des arts populaires, la Nuit d’Al-Mahaba constitue « un moment de retrouvailles autour de l’amour, de l’affection et de la fraternité, pour célébrer la naissance du Prophète Mohammed, paix et salut sur lui ».

Il a adressé ses « sincères remerciements à la Région de Nouakchott et à sa présidente, Mme Fatimetou Abdel Malick, pour avoir soutenu et parrainé cette édition ».

Le président du Centre TERANIM a également exprimé « sa profonde gratitude au ministère de la Culture, des Arts et des Relations avec le Parlement, pour la nouvelle dynamique engagée dans l’accompagnement des activités du Centre TERANIM ».

Il a notamment salué « les efforts engagés en faveur de l’inscription du Madih sur la liste du patrimoine islamique, en vue de poursuivre le travail pour sa reconnaissance comme patrimoine culturel auprès de l’UNESCO », ainsi que l’accord de partenariat conclu avec le Centre TERANIM.

Cet accord permettra au Centre, au cours des cinq prochaines années, de bénéficier d’une subvention annuelle destinée à contribuer à la couverture de ses charges fixes.

« Ce soutien institutionnel permettra sans aucun doute à TERANIM de renforcer son action, de poursuivre sa mission de préservation du patrimoine culturel, d’accompagnement de ses membres et praticiens, de formation des jeunes et de développement de l’impact social de la culture et des arts populaires », a ajouté Mohamed Ali Bilal.

À travers cette soirée, a-t-il poursuivi, le Centre TERANIM entend rappeler que « notre diversité culturelle n’est pas une source de séparation, mais une occasion de nous connaître et de nous rapprocher ».

Une diversité qui se manifeste dans les styles, les langues et les différentes expressions du Madih, mais qui, au-delà de ces différences, se retrouve autour d’un même sentiment : « l’amour du Prophète Mohammed, paix et salut sur lui ».

La culture comme trait d’union

Cette conviction résume, en définitive, la philosophie portée par le Centre TERANIM : « l’art et le patrimoine ne sont pas seulement la mémoire du passé ; ils peuvent aussi être le langage du présent et un outil pour construire l’avenir ».

Un langage accessible à tous, un espace où peuvent se rencontrer les jeunes et les aînés, les femmes et les hommes, ainsi que les différentes composantes de la société mauritanienne.

Dans le cadre verdoyant du parc de l’OMVS, la quatrième Nuit d’Al-Mahaba aura ainsi été bien davantage qu’une simple soirée culturelle. À travers les voix, les poèmes, les langues et les traditions, elle a offert une illustration vivante de cette Mauritanie plurielle où la diversité, loin de constituer une ligne de fracture, peut devenir un trait d’union.

Au fil des chants et des éloges adressés au Prophète, les différentes expressions du Madih ont ainsi dialogué, rappelant que la culture, lorsqu’elle est portée par des valeurs de partage et de fraternité, peut devenir un puissant langage commun.

C’est sans doute là que réside l’essence même de la Nuit d’Al-Mahaba : faire du patrimoine non seulement le gardien de la mémoire, mais aussi un lieu vivant de rencontre, de transmission et de rapprochement entre les générations et les communautés.

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