opposition mauritanienne« Il faut reconnaître que nous avons été mis au pied du mur de sorte que nous avons perdu toute initiative! » C’est ce qu’a déclaré Me Mahfoudh Ould Bettah, un des leaders de l’opposition mauritanienne,  qui a appelé, mardi, à la constitution d’une « Alliance historique » en vue de barrer la route au maintien du régime actuel au-delà de l’année 2019.

En 2019 se tiendra normalement une élection présidentielle pour le choix d’un successeur à Mohamed Ould Abdel Aziz non habilité par la Constitution à briguer un 3e mandat.

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Selon le Président du parti de la Convergence démocratique, il y a lieu de reconnaitre que « tous les sacrifices consentis par l’opposition n’ont pas convaincu le détenteur actuel  du pouvoir qu’il a un devoir moral qui lui dicte de dialoguer avec les forces de l’opposition pour sortir le pays de la crise  actuelle. »

Indiquant qu’il y a un besoin nouveau pour un cadre d’action, Me Bettah reconnait que

« l’opposition n’a pas pu influencer le cours des choses. »

« Nous n’avons pas su donner la rigueur et l’engagement nécessaires. Il est arrivé que nous ayons eu des agendas différents au sein des cadres dans lesquelles nous nous sommes retrouvés. » A encore déclaré celui qui fut ministre de la Justice de la Mauritanie durant la période de la transition de 2005-2007 qui a précédé l’élection du premier Président civil de la Mauritanie après près de 30 ans de régime militaire.

« Il faut que nous soyons tous sur la même longueur d’ondes. » Demandera-t-il avec force à une l’opposition mauritanienne qui peine, visiblement à faire basculer les événements à sa faveur.

Me Bettah qui intervenait la faveur d’une conférence de presse organisée à Nouakchott en présence de leaders politiques et syndicaux, a également réagi à la réforme de l’ouguiya qui entrera en vigueur dès le mois de janvier. « Cette réforme est destinée à dévaluer l’ouguiya qui d’ailleurs a perdu au moins 14% de sa valeur eut égard aux hausses des prix des devises sur le marché. » A-t-il indiqué avant d’ajouter :

« Il y a un accord entre la Mauritanie et le FMI qui a exigé des autorités de dévaluer de 36% l’ouguiya d’ici 2019. »

Une alarme que la CND, un parti de l’opposition mauritanienne que l’on dit radicale,  appuie en soulignant que « plusieurs  sociétés ou établissements publics sont au bord de la faillite financière et que la monnaie est passée de moins de 340 à plus de 420 pour un euro. »

Kissima