Mauritanie : la sécurité civile change d’échelle

En Mauritanie, la sécurité civile entre dans une nouvelle phase. À l’occasion de la Journée mondiale de la protection civile, le gouvernement a affiché une ambition claire : transformer une simple direction en une véritable Délégation générale capable de gérer les crises majeures. Entre la lutte contre les incendies de brousse en milieu rural et la sécurisation d’une capitale, Nouakchott, en pleine expansion, les défis sont considérables. Le ministre de l’Intérieur a profité de la sortie d’une nouvelle promotion d’agents pour fixer le cap.
La protection civile mauritanienne vit une mutation structurelle majeure. Il ne s’agit plus seulement d’éteindre des feux, mais de piloter une stratégie nationale intégrée de gestion des crises. Modernisation des infrastructures, création de nouveaux centres de secours en régions : l’objectif est désormais d’être au plus près du citoyen.
« Dans le cadre des réformes structurelles qu’a connues la protection civile, la Direction de la Protection Civile a été transformée en Délégation générale de la Sécurité civile et de la Gestion des crises, dotée de compétences élargies. Son siège central a été inauguré, et des directions régionales ainsi que des centres de secours ont été construits pour renforcer l’efficacité des interventions et rapprocher le service du citoyen », a précisé le ministre.
Au-delà des réformes institutionnelles, l’urgence se mesure surtout sur le terrain. La Mauritanie fait face à deux fronts majeurs : d’une part, l’accès difficile à l’eau pour les secours dans la jungle urbaine de Nouakchott ; d’autre part, le fléau persistant des incendies ruraux. Dans la région du Hodh El Chargui, à l’est du pays, le gouverneur a récemment confirmé que près de 2 000 hectares de pâturages ont déjà été ravagés par les flammes depuis le début de la campagne.
Pour répondre à ces menaces, le gouvernement mise sur la montée en compétence des équipes, avec la création prochaine d’une École nationale de la sécurité civile. Un chantier structurant destiné à professionnaliser davantage les interventions et à anticiper les crises.
S’adressant aux nouvelles recrues, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a insisté sur l’exigence éthique de cette mission de service public. Il a rappelé que « la sortie d’une nouvelle promotion d’agents de la Protection civile constitue un renfort qualitatif pour le processus de généralisation des services sur l’ensemble du territoire national dans les plus brefs délais ». Il a appelé les diplômés « à faire preuve de sincérité, de discipline, de loyauté et de sérieux », tout en soulignant l’ampleur de la responsabilité qui les attend sur le terrain.
Cet appel au sens du devoir intervient au moment où ces agents s’apprêtent à être déployés à travers le territoire national, afin de combler les déficits de couverture, notamment dans les zones les plus enclavées du pays.


Oumar El-Hadj Thiam-JP

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