Suite à l’annonce lundi soir de la composition des membres du comité de gestion et de distribution du fonds d’aide à la presse privée, le bureau exécutif Syndicat professionnel de la presse indépendante a rendu public le 12 janvier 2026, une déclaration dénonçant la mise sous tutelle publique de la presse et demandant la création d’un Conseil supérieur des médias.
Le communiqué s’élève contre « les choix clientélistes et politiques étranges, se traduisant par l’absence de représentants de la presse écrite (papier) et (électronique) ayant un lien avec la presse écrite. De plus, il n’y a pas de journaliste représentant les syndicats et associations de journalistes mauritaniens, tout en continuant à priver l’union professionnelle de son droit de représenter les éditeurs pour la sixième fois consécutive depuis la création du fonds en décembre 2011. »
La déclaration souligne par ailleurs que : « Depuis fin 2019, le mécanisme de rotation fluide et transparent, qui garantissait la représentation de tous les organismes professionnels actifs dans le domaine journalistique, a été éliminé. À l’époque, la Haute Autorité de la presse et de l’audiovisuel a décidé d’intervenir dans les prérogatives du ministère pour choisir qui représente la presse écrite, papier et électronique, monopoliser leur représentation par un regroupement émergent affilié à l’ancien président de l’autorité, un regroupement qui ne représente que deux wilayas mauritaniennes et un seul parti politique. »
Et le communiqué d’ajouter que : « Aujourd’hui, le ministère incarne cette option politique régionale d’une autre manière, dans le cadre de son conflit avec les instances journalistiques professionnelles, qui exclut toutes les normes objectives et les valeurs démocratiques de pluralisme et de transparence souhaitées. »
De ce fait, le Syndicat professionnel de la presse indépendante en appelle à l’arbitrage du Président de la République et du Premier ministre qu’il a interpellés « sur la gravité de la situation déplorable du secteur de la presse, dont le danger ne se limite pas à nuire à la réputation de la presse mauritanienne et à déformer le paysage médiatique de notre pays, mais s’étend également à une politisation flagrante du secteur et à l’établissement des bases d’un régionalisme odieux et d’un partage inacceptable, éloigné de l’objectivité et de la réalisation des objectifs souhaités, ce qui a des répercussions négatives sur les objectifs et la mission du Fonds d’aide à la presse et sur l’image de la presse privée dans notre pays, ainsi que sur la volonté de Son Excellence le Président de la République de réformer et de promouvoir le professionnalisme de la presse. »
Par conséquent, le syndicat professionnel en appelle à l’organisation des journées de consultation pour préserver les acquis dans le domaine de la presse, corriger les dysfonctionnements existants et éloigner les lobbies de la corruption du secteur, car une nation sans presse indépendante, forte, écrite, audiovisuelle et numérique, ne peut avoir ni présence ni influence. Comme on dit : « Pas de développement sans démocratie, pas de démocratie sans presse indépendante ».
![]()
