Le discours présidentiel à l’épreuve de la construction nationale

Par El Wely Sidi Heiba

L’État ne peut plus accepter que les solidarités étroites se substituent à la citoyenneté inclusive, ni que les calculs régionalistes l’emportent sur les critères de compétence et de mérite.Cette orientation ne se limite pas à un discours politique ; elle se traduit par des positions concrètes et un avertissement explicite adressé aux corrompus. Il est désormais clair que le projet de construction de l’État ne repose ni sur des quotas ni sur des compromis opportunistes, mais sur la primauté du droit et la rigueur du contrôle. L’avertissement présidentiel à l’égard de toute personne tentée de détourner les fonds publics ou d’abuser de son pouvoir ne relève pas d’une réaction ponctuelle, mais d’une stratégie constante visant à protéger la transformation majeure souhaitée contre toute tentative d’infiltration. La corruption administrative et financière n’est plus considérée comme un simple délit, mais perçue comme un danger existentiel menaçant le projet de développement et risquant de reproduire les inégalités que l’État s’efforce d’éradiquer.Ce qui distingue cette phase est cette volonté affirmée de passer de la «gestion des crises» à la «construction de l’État». Le succès sécuritaire offre désormais une couverture à des politiques de développement ambitieuses, tandis que l’amélioration des performances en matière de développement renforce l’immunité nationale face aux tentatives de déstabilisation. Ainsi se forme un cercle vertueux : une sécurité qui soutient le développement, un développement qui approfondit la sécurité, et une gouvernance avisée qui gère cette équation avec clairvoyance.Dès lors, les piliers du projet national s’articulent harmonieusement : une sécurité qui protège les frontières, un développement qui valorise le territoire, un discours politique qui unit les rangs, et un contrôle rigoureux qui assainit l’intérieur. Dans ce cadre, le rejet du factionnalisme et la lutte contre la corruption apparaissent comme les deux faces d’une même médaille. Toutes deux visent à consacrer le principe d’une citoyenneté égalitaire, qui ne distingue pas entre les citoyens selon leur région ou leur appartenance, mais évalue la valeur à l’aune de la contribution et du respect de la loi, plaçant le développement global et la sécurité durable au premier rang des priorités, en tant que fondements essentiels de tout projet national réussi.

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