Ce mardi 28 novembre, au siège de l’Union des forces de progrès (Ufp), à Nouakchott, c’était journée de recueillement, de deuil et de témoignages.

“Si, on veut prier, on nous taxait de mécréants. (…) Pendant deux jours, j’ai été encastré dans le sable, sauf la tête qui pendait à la surface de la terre. On nous servait de la nourriture mêlée à du sable pour nous humilier. (…) Mes bourreaux sont toujours là, sortent toujours masqués pour fuir nos regards.”

Ces mots sont ceux du sergent Amadou Yéro Yongane, né en 1956, à Sénoboussobé, dans la moughatâa de Baba, arrêté deux fois, à Aleg et Akjoujt, pendant les années de braise, sous le régime de Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, aujourd’hui en exil au Qatar, après le coup d’Etat de 2005.

Comme ce vétéran de la guerre du Sahara, ils sont nombreux, ces mauritaniens qui portent encore les stigmates des années de braise en Mauritanie, marquées par des déportations massives et des tueries ciblées dans la communauté noire.

Au-delà du drame, au-delà également du rappel de justice, l’objectif de cette commémoration recherché par l’Union des forces de progrès (Ufp), c’est de lever les amalgames, les stigmatisations ainsi que les ciblages gratuits qui ont encore la peau dure.

Et comme l’explique une veuve, dans un témoignage : “Ce ne sont pas tous les maures qui sont impliqués. Ce ne sont pas non plus tous les noirs qui ont été touchés par ces tueries. On connait les bourreaux. La justice doit faire son travail”.

“C’est une minorité qui est responsable de ce qui s’est passé dans les années 80-90. Ils sont connus”, insiste Assane Soumaré, vice-président de l’Union des forces de progrès (Ufp) et ancien ministre de l’économie et des pêches, sous Sidi ould Cheikh Abdallahi, déchu en 2008 par un coup d’Etat, dirigé par l’actuel Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Le vice-président de l’Ufp a rendu un solennel hommage à ces “sentinelles” notamment dans la communauté maure qui se sont élevées contre les années de braise en Mauritanie.

Texte & Photos | Par Babacar Baye NDIAYE (CRIDEM)