« THE DEBAT » : les jeunes de Riyad au cœur de la participation citoyenne

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « AGIR Ensemble », financé par la Fondation ACCRA/CISV, l’Association NGARTAM pour la Paix et le Développement en Mauritanie a organisé, le 18 septembre 2026 à la Maison des jeunes de Riyad, une conférence-débat intitulée « THE DEBAT ».

Placée sous le thème « Comment favoriser l’inclusion et la participation active des jeunes dans le processus de développement, la prise de décision et la vie citoyenne ? », cette rencontre a réuni les représentants de vingt associations membres du Dispositif citoyen de Riyad, ainsi que plusieurs jeunes leaders de la commune. L’activité s’est déroulée en présence de Mme Hawa Amadou War, coordinatrice du projet YES/ENJEU.

Une initiative pour renforcer la voix des jeunes

Dans son mot de bienvenue, M. Oumar Amadou Mbaye, président de l’Association NGARTAM, a remercié Mme Hawa Amadou War pour sa présence, avant de saluer la mobilisation des associations et des jeunes leaders de Riyad.

Il a rappelé que ce thé-débat s’inscrivait dans la continuité des activités du projet « AGIR Ensemble », mis en œuvre avec l’appui de la Fondation ACCRA/CISV afin de promouvoir la participation citoyenne des jeunes dans la commune de Riyad.

M. Oumar Amadou Mbaye a également évoqué l’atelier de formation précédemment organisé au profit de vingt représentants des associations partenaires. Selon lui, « THE DEBAT » devait permettre d’élargir les échanges, d’approfondir la réflexion et d’aider les jeunes à mieux comprendre leur rôle dans le développement de leur commune.

Il les a invités à partager leurs préoccupations, à formuler des propositions et à transformer leurs idées en initiatives citoyennes concrètes.

Fatimata Sall appelle les jeunes à devenir acteurs du changement

Prenant la parole, Mme Fatimata Sall, présidente du Dispositif citoyen de Riyad, a remercié l’Association NGARTAM pour son accompagnement dans la mise en place de ce cadre de concertation, d’apprentissage et d’engagement regroupant une vingtaine d’associations locales.

Elle a souligné que les décisions prises aujourd’hui influencent directement l’avenir de la jeunesse. Les jeunes représentant une part importante de la population mauritanienne, ils ne doivent pas se contenter d’attendre le changement, mais devenir des acteurs responsables de sa réalisation.

Mme Fatimata Sall a exhorté les jeunes à dépasser les intérêts individuels pour défendre l’intérêt général. Selon elle, la passivité, la peur de prendre la parole, le manque d’initiative et le refus d’assumer des responsabilités constituent parfois des obstacles majeurs à l’engagement citoyen.

Face aux difficultés liées à l’accès à l’eau, à l’électricité, aux services publics et aux possibilités d’insertion, les jeunes doivent faire entendre leur voix de manière constructive. Leur engagement ne doit pas se limiter à dénoncer les problèmes : il doit aussi consister à comprendre les enjeux, à proposer des solutions et à participer à leur mise en œuvre.

« Le développement n’est pas uniquement l’affaire des autorités et des institutions. Il concerne les jeunes, les femmes, les hommes, les étudiants, les entrepreneurs, les professionnels, les collectivités territoriales et l’ensemble des citoyens », a-t-elle souligné.

La présidente du Dispositif citoyen a également plaidé pour la création d’espaces sûrs et accessibles permettant aux jeunes d’apprendre, de se divertir, de pratiquer le sport, d’utiliser les outils numériques, de développer leurs talents et d’exprimer librement leurs préoccupations.

Elle a notamment évoqué la nécessité de disposer, à Riyad, de bibliothèques, de centres culturels, d’espaces sportifs, de centres numériques et de lieux de rencontre pour les jeunes. Pour elle, la création de tels espaces ne relève pas du luxe, mais constitue un investissement essentiel dans l’avenir de la commune et du pays.

En conclusion, Mme Fatimata Sall a appelé les jeunes à sortir de leur zone de confort et à agir avec les moyens dont ils disposent. Elle a résumé cette démarche autour de cinq actions : «observer, comprendre, proposer, participer et agir ».

Hawa Amadou War encourage l’initiative et l’engagement

Dans son intervention, Mme Hawa Amadou War a remercié l’Association NGARTAM pour l’organisation de cette rencontre et salué l’engagement des associations membres du Dispositif citoyen de Riyad.

Elle a ensuite présenté les objectifs et les principaux domaines d’intervention de CISV en Mauritanie, ainsi que les orientations du projet YES/ENJEU, mis en œuvre dans plusieurs pays du Sahel.

Mme Hawa Amadou War a exhorté les jeunes à faire preuve de dynamisme, à prendre des initiatives et à s’engager davantage dans le développement de leur commune et de leur pays. Elle les a aussi encouragés à saisir les espaces de dialogue et les possibilités qui leur sont offertes pour faire entendre leur voix et participer aux processus de prise de décision.

Son intervention a constitué un message d’encouragement à l’endroit des jeunes leaders et des organisations locales engagées en faveur d’une gouvernance plus inclusive et participative.

Une conférence animée selon une approche participative

À l’issue des interventions officielles, la parole a été donnée à M. Dame Ba, consultant-formateur et animateur de la conférence-débat.

Le conférencier a adopté une approche participative permettant aux jeunes d’interagir directement, de partager leurs expériences et de formuler leurs propres propositions sur le thème de la rencontre.

Pour introduire les échanges, M. Dame Ba a invité les participants à définir les notions de « participation » et d’« inclusion », puis à expliquer la différence entre ces deux concepts.

Les discussions ont permis de rappeler que la participation consiste à prendre activement part aux actions, aux débats et aux décisions, tandis que l’inclusion suppose de créer les conditions permettant à tous les jeunes, notamment les plus vulnérables ou marginalisés, d’accéder équitablement aux possibilités offertes et aux espaces de décision.

Le conférencier a ensuite abordé les principaux obstacles auxquels les jeunes sont confrontés dans leur volonté de participer à la vie publique. Les échanges ont notamment fait ressortir le manque d’information, l’insuffisance des espaces d’expression, la faible représentation des jeunes dans certaines instances, le manque de confiance en soi, les difficultés économiques, l’accès limité aux ressources et la faible valorisation des initiatives portées par la jeunesse.

Les participants ont partagé leurs expériences, analysé les difficultés rencontrées dans leur commune et proposé des pistes de solution adaptées à leur environnement.

Des solutions concrètes pour une participation durable

M. Dame Ba a présenté plusieurs axes susceptibles de renforcer durablement la participation et l’inclusion des jeunes. Il a notamment insisté sur le renforcement de leurs capacités et de leur leadership, la création d’espaces permanents de dialogue avec les autorités locales ainsi que l’accès à une information fiable, compréhensible et accessible. Il a également souligné l’importance d’accompagner les initiatives associatives et citoyennes, de promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux et des outils numériques, et d’encourager le volontariat, la solidarité et l’engagement communautaire.

Une attention particulière doit, selon lui, être accordée aux jeunes femmes et aux jeunes en situation de vulnérabilité, afin de garantir leur participation effective et équitable aux processus locaux de prise de décision.

En conclusion de son intervention, le consultant-formateur a proposé dix activités innovantes pouvant être mises en œuvre pour favoriser l’inclusion et la participation des jeunes. Ces propositions offrent aux associations et aux jeunes leaders des pistes concrètes pour transformer les idées exprimées durant la rencontre en actions citoyennes utiles à la commune de Riyad.

Les échanges, particulièrement riches et constructifs, ont confirmé la volonté des jeunes de contribuer activement au développement de leur commune. Ils ont également montré la nécessité de ne plus considérer la jeunesse uniquement comme bénéficiaire des projets, mais comme une véritable partenaire du développement, capable de proposer et de porter des solutions.

Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la construction d’une jeunesse engagée, responsable, inclusive et pleinement actrice du développement local et de la vie citoyenne.

Sidi sidi sileye

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