Par Mohamed Ould Mohamed El Hacen*
( 04 août 2026) Alors qu’il reste encore les trois cinquièmes du deuxième mandat du Président Ghazouani, soit environ 36 mois — plus de mille jours —, une grande partie du débat public semble déjà prisonnière de l’échéance de 2029.
Beaucoup de temps encore!
Cette projection prématurée vers l’avenir traduit une fuite en avant préoccupante. Elle révèle une forme d’impatience politique, d’ambitions personnelles et d’éloignement des véritables priorités nationales.
Dès les premiers jours du deuxième mandat, des signes de précampagnes présidentielles anticipées sont apparus au profit de certains acteurs proches du pouvoir. Des ambitions qui se manifestent avec une avance de cinq ans, soit la durée même d’un mandat présidentiel.
Notre institut 2iRES a été le premier à dénoncer cette situation, considérée comme une double anomalie : une atteinte à la sérénité du mandat présidentiel en cours et une déviation du fonctionnement normal de la démocratie.
Le Président de la République lui-même a exprimé sa désapprobation face à ces dérives lors de sa visite au Hodh Echarghi. Cette intervention a contribué à contenir, sinon à ralentir, cette dynamique qui risquait d’envahir l’espace public.
Cependant, les mécanismes de positionnement politique n’ont pas totalement disparu. Certains responsables bénéficient d’une communication permanente autour de leurs actions, tandis que d’autres font l’objet de campagnes hostiles et disproportionnées visant à affaiblir leur image et à compromettre leur avenir politique. Ces pratiques s’exercent souvent dans la discrétion hypocrite sous couvert de stratégies et d’alliances.
La dernière évolution de cette bataille d’influence consiste à déplacer le centre de gravité du débat national : au lieu de se concentrer sur les défis actuels, sur les réformes nécessaires, sur le développement, sur l’amélioration des conditions de vie des citoyens et sur la consolidation de l’État, l’attention est orientée vers une question hypothétique : celle d’un « troisième mandat.
Ainsi, le débat sur l’ouverture ou la limitation des mandats devient lui-même un instrument politique. Il ramène par la fenêtre la question de 2029 après que la porte en avait été fermée.
La conséquence est claire : on impose progressivement à l’opinion publique de parler du troisième mandat avant même que le moment politique approprié ne soit venu.
Le devoir de la société, des intellectuels et des acteurs politiques est pourtant de rester concentré sur le présent : construire, réformer, produire des résultats et répondre aux attentes des Mauritaniens.
Le débat sur 2029 viendra en son temps. Aujourd’hui, l’urgence est ailleurs.
Nous reviendrons sur ce sujet, non par choix, mais parce que les circonstances l’exigent.
*Président- fondateur de l’Institut 2IRES et de l’initiative Tebri Mauritanie
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