Le 4ème forum des médias organisé par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et l’Environnement (REMAPSEN) en collaboration avec ses partenaires a débuté aujourd’hui à Cotonou. Intervenu cette année dans un contexte de crise financière aigue touchant les partenaires multilatéraux les organisateurs ont été contraints d’opter pour le format hybride (Présentiel et en ligne).
La thématique choisie cette année le thème : « Maladies tropicales négligées : de la négligence à la mise en lumière».
Des experts d’origines diverses (OMS, Fondation Raoul Follereau, Fondation Gates, Speak up Africa, Parlementaires, Sportifs, Spécialistes de la Société Civile…) se sont succédé à l’occasion de la cérémonie d’ouverture et des Panels du jour pour faire le point sur ces maladies de la pauvreté et de la marginalisation.
Le ton a été donné par Dr Françoise Sybille Assavedo, Directrice de cabinet adjointe du Ministre de la Santé du Bénin, à l’ouverture du Forum, qui a affirmé que « les Maladies Tropicales Négligées (MTN), très liées à la pauvreté, constituent un véritable défi social et économique pour lequel les décideurs et les partenaires au développement sont interpellés à accroitre les financements dans l’optique d’éradiquer le plus des MTN en Afrique ».

Intervenant dans le panel 1 portant sur l’état des MTN en Afrique le Dr Raoul a noté que la lutte contre les MTN a connu un grand succès en Afrique où 22 pays ont éliminé l’une des 20 maladies qui sévissent sur le continent.
En effet, Ces dernières années, l’Afrique s’est affirmée comme leader mondial dans la lutte contre les MTN. Plus de 24 pays ont éliminé au moins une MTN, et certains plusieurs :
Le Togo est devenu en 2022 le premier pays au monde à éliminer quatre MTN (maladie du ver de Guinée, filariose lymphatique, maladie du sommeil et trachome).
Le Bénin et le Ghana ont chacun éliminé trois MTN au niveau national.

Ces succès sont soutenus par l’un des plus vastes programmes de dons de médicaments au monde : l’industrie pharmaceutique s’est engagée à fournir 28 milliards de traitements entre 2021 et 2030, couvrant 20 types de médicaments produits par 12 fabricants.
Ces avancées illustrent non seulement des progrès sanitaires, mais aussi des victoires en matière d’innovation, d’engagement politique et communautaire. Elles prouvent qu’avec les bons outils, un leadership fort et le soutien du public, l’élimination des MTN est possible.
Pour le Dr Raoul, il s’agit de consolider les acquis et les pays doivent dit-il s’approprier la lutte. Et le Dr d’assurer que l’élimination des MTN est possible mais faudrait-il relever certains défis dont notamment celui du financement, redéfinir les priorités et prendre en compte la nouvelle réalité née du changement climatique avec de nouvelles maladies qui apparaissent et d’autres qui ressurgissent. Il y a aussi la fragilité de la crise humanitaire et les inégalités de progrès entre les pays.
D’autres difficultés sont là telles que la fragilité des systèmes sanitaires, la faiblesse de la surveillance ainsi que celle du système d’approvisionnement en plus de la faiblesse des ressources humaines.
Mais les efforts varient d’un pays à l’autre. Ainsi, au Benin, à en croire la coordinatrice pays des maladies transmissibles, les MTN jouissent d’une attention particulière et sont intégrées au plan national de développement sanitaire, à la politique sanitaire et au programme d’action du gouvernement dans son pilier 3. Le Beni a aussi adhéré à toutes les conventions en la matière. Et depuis 2005, 2 grands programmes consacrés aux MTN bénéficient de lignes budgétaires.
On note aussi un appui aux relais communautaires pour la prise en charge de certaines maladies.
Seulement, bien que le Benin ait réussi à éliminer 3 MTN, les défis persistent. Parmi ces défis il y a la désinformation. En effet, au niveau des communautés, on ne considère pas les MTN comme des maladies mais plutôt comme des faits de sorcellerie. De ce fait il y a un grand besoin de sensibilisation et de plaidoyer afin de combattre la stigmatisation et de faire face à l’accès limité aux soins.
Pour ce faire l’engagement de tous est sollicité et la Société Civile ainsi que les medias ont le plus grand rôle à jouer ont souligné les différents panélistes d’où l’appel lancé pour plus d’engagement des journalistes pour sensibiliser sur les MTN.

Les maladies tropicales négligées (MTN) regroupent plus de 20 maladies transmissibles qui touchent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables. Parmi elles figurent la filariose lymphatique, l’onchocercose (cécité des rivières), la schistosomiase, les géohelminthiases et le trachome. Très répandues dans les zones tropicales et subtropicales, elles affectent particulièrement l’Afrique
subsaharienne.
Le message semble bien passer pour la centaine de journalistes du REMAPSEN qui participent à ces travaux qui prendront fin demain par des visites de terrain et par la traditionnelle cérémonie des Awards du Prix Michel Sidibé décerné par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement et qui récompense l’excellence journalistique et les meilleures coordinations nationales en Afrique dans les domaines de la santé et de l’environnement.
Bakari Gueye
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