A l’occasion de la 3ᵉ édition du Festival du Livre de Boghé, événement culturel devenu un rendez-vous incontournable pour les amoureux de la littérature dans la vallée du fleuve Sénégal, nous avons rencontré Dia Bocar, initiateur de cette initiative. Il revient sur les origines du festival, ses ambitions et son engagement en faveur de la lecture auprès des jeunes.«
Initiatives News : Qu’est-ce qui vous a inspiré la création du Festival du Livre de Boghé et quelle vision portez-vous à travers cette initiative culturelle ?
Dia Bocar : Bonjour Doukouré, et merci pour cette question essentielle. Tout est parti de deux constats simples mais préoccupants. D’une part, une crise éducative marquée par la baisse du niveau, le désintérêt pour la lecture et l’échec scolaire. Or, délaisser le livre fragilise toute la chaîne de l’apprentissage. D’autre part, le manque de reconnaissance de l’écrivain mauritanien, alors même que notre pays regorge de talents souvent méconnus localement. Face à cela, nous pensons que le retour à la culture du livre constitue une réponse pertinente. Le festival vise donc à promouvoir l’éducation et à revaloriser l’écrivain mauritanien ainsi que la culture locale.


Initiatives News : Le festival en est aujourd’hui à sa troisième édition. Quel bilan faites-vous des éditions précédentes ?
Dia Bocar : Les deux premières éditions présentent un bilan globalement positif. Nous avons constaté un fort engouement des jeunes, qui se sont approprié le projet avec enthousiasme. Les enseignants et les familles ont également adhéré à l’initiative, reconnaissant son importance éducative. Par ailleurs, les institutions et la diaspora ont apporté leur soutien, contribuant au rayonnement du festival. Tous ces éléments laissent entrevoir des perspectives très encourageantes.
Initiatives News : Quelles sont les principales activités et nouveautés prévues pour l’édition 2026 du festival ?Dia Bocar : L’édition 2026 s’annonce riche et ambitieuse. Parmi les innovations, nous introduisons une bibliothèque mobile permettant aux élèves d’emprunter des ouvrages et de produire des notes de lecture. Il y aura également une « bibliothèque humaine », où des personnalités inspirantes partageront leurs expériences. Des professeurs d’université interviendront pour préparer les élèves à l’enseignement supérieur. Enfin, des ateliers créatifs — écriture, montage audiovisuel, débats — seront organisés afin de développer les compétences des jeunes.
Initiatives News : Selon vous, quel rôle le livre et la lecture peuvent-ils jouer dans l’éducation et l’éveil intellectuel de la jeunesse mauritanienne ?
Dia Bocar : Le livre est au cœur de toute éducation. Il permet non seulement l’acquisition des connaissances, mais aussi le développement de l’esprit critique. Il sensibilise les jeunes aux enjeux sociaux et participe à la construction de leur identité. À travers la lecture, nous formons des citoyens éclairés, responsables et engagés.
Initiatives News : Comment ce festival contribue-t-il à promouvoir les écrivains, les artistes et la culture locale dans la vallée ?
Dia Bocar : Le festival constitue un véritable espace de valorisation culturelle. Il offre aux écrivains une visibilité à travers des stands, des présentations d’ouvrages et des échanges avec le public. Des concours de lecture, de poésie et de culture générale sont également organisés. Par ailleurs, des spectacles artistiques permettent de célébrer la richesse culturelle locale et sous-régionale.
Initiatives News : Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans l’organisation d’un événement culturel comme ce festival ?
Dia Bocar : Les difficultés sont principalement d’ordre logistique, financier et matériel. Un projet de cette envergure nécessite des moyens importants. Il est essentiel d’accompagner les bénévoles et les partenaires dans de bonnes conditions, tout en valorisant les élèves engagés, notamment à travers des récompenses adaptées.
Initiatives News : Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes, aux enseignants et aux amoureux du livre pour les encourager à participer à cette troisième édition ?
Dia Bocar : J’invite chacun à s’approprier ce projet et à en faire une initiative personnelle. Le Festival ¹¹mu Livre de Boghé peut contribuer de manière significative au développement de l’éducation, au renouveau culturel et à l’émergence du potentiel intellectuel de notre jeunesse.
Propos recueillis par Ousmane H. Doukouré pour Initiatives News
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