Je préfère le dialogue à la confrontation, et à la résignation. Je m’ en vais vous dire pourquoi? En ce qui me concerne, j’ai toujours été, par principe autant que par conviction, un partisan résolu du dialogue. Dans la vie politique de notre pays, trois attitudes s’offrent généralement aux acteurs : le dialogue, qui privilégie l’échange et la recherche de solutions concertées ; la confrontation, qui repose sur l’opposition frontale et le rapport de force ; et la résignation, qui conduit à l’attentisme, à l’immobilisme et à la perpétuation du statu quo.Pour ma part, mon choix est clair : le dialogue doit être privilégié. Non par naïveté ni par complaisance, mais parce qu’il demeure la voie la plus responsable, la plus constructive et la plus conforme aux intérêts supérieurs de la Mauritanie. Dans un pays marqué par sa diversité sociale, culturelle et historique, la stabilité et la cohésion nationale ne peuvent être préservées que par l’écoute mutuelle, la concertation et la volonté de trouver des compromis dans l’intérêt général.Le dialogue a cette vertu essentielle de réunir, autour d’une même table, les pouvoirs publics, les acteurs politiques et les forces vives de la nation afin d’examiner sereinement les questions majeures, de confronter les idées plutôt que les personnes, et de rechercher des solutions équilibrées, capables de renforcer l’unité nationale et la confiance entre les citoyens et les institutions.À l’inverse, la confrontation permanente, si elle peut parfois paraître séduisante par sa radicalité, comporte des risques réels : elle alimente les tensions, accentue les fractures, fragilise la stabilité et peut mettre à mal le climat de paix dont notre pays a besoin pour poursuivre son développement. Quant à la résignation, elle est encore plus dangereuse, car elle nourrit le découragement, banalise les insuffisances et prive la nation de toute dynamique de réforme.Il serait toutefois irréaliste d’attendre du dialogue des résultats immédiats ou parfaits. Le dialogue est un processus exigeant, fondé sur la patience, la sincérité et le sens des responsabilités. Il suppose que chaque partie fasse preuve de bonne foi et place l’intérêt national au-dessus des considérations partisanes. C’est dans cette démarche progressive qu’il devient possible d’aborder les questions les plus sensibles, d’apaiser les tensions et de construire, pas à pas, des solutions durables au service du peuple mauritanien.En définitive, choisir le dialogue, c’est faire le pari de la raison sur la passion, de la cohésion sur la division, et de l’avenir commun sur les intérêts immédiats. C’est affirmer que la force de la Mauritanie réside avant tout dans sa capacité à se parler, à s’écouter et à avancer ensemble dans la paix, la stabilité et l’unité.
Khalilou Youssoufi Tandia Juriste et Expert électoral
![]()
