Enfant sans abris : Les risques d’une enfance brisée

Le foyer est la place la plus sûre et la plus rassurante au monde pour tout enfant, dans la mesure où il lui confère stabilité et quiétude. Les sociologues affirment que le changement de foyer à une certaine période de l’enfance fait courir à l’enfant un risque d’instabilité psychologique.

On constate, de nos jours, que de nombreux enfants de par le monde sont privés de foyer, de cadre de sociabilisation, d’alimentation saine et équilibrée, d’apprentissage et même d’amour.

En Mauritanie, comme dans la plus part des pays de l’Afrique et du tiers monde, des milliers d’enfants sont, pour diverses raisons, sans abris, notamment du fait de l’ignorance, de la pauvreté, et de l’absence de mise en œuvre de lois qui consacrent les droits de l’Enfant.

En matière d’ignorance, près d’un enfant sur six n’est pas scolarisé en Mauritanie. La majorité des bâtiments prévus pour l’éducation des enfants sont en mauvais état et sous équipés. Ils ne disposent que très rarement d’espaces libres ou de cours de récréation. Ainsi, les enfants n’ont pas accès aux loisirs et leur santé physique et mentale s’en fait gravement ressentir.

De plus, certaines familles, surtout en milieu rural, ont encore du mal à accepter de mettre leurs enfants à l’école. Elles ne reconnaissent pas nécessairement les bienfaits de l’éducation et préfèrent donc que leurs enfants travaillent et contribuent ainsi aux besoins de la famille.

Dans le domaine de la pauvreté, 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et le RNB (Revenu National Brut) par habitant est l’un des plus bas du monde en Mauritanie. La pauvreté est très alarmante dans les villages plus retirés dans lesquels elle n’épargne aucun habitant. Il arrive que les familles pauvres confient leurs enfants dès leur plus jeune âge à des marabouts. Ces enfants, appelés « almuudo » connaissent alors des conditions de vie déplorables. Ils sont donc envoyés souvent à la rue pour s’adonner à la mendicité.

En matière institutionnelle, de réels efforts ont été récemment fournis par la Mauritanie en matière de droit de l’Enfant. A titre d’exemple, l’ordonnance n° 2005-015 portant protection pénale de l’enfant stipule un certain nombre de dispositions qui protègent l’Enfant et préservent ses droits.

Parmi ces droits, on peut citer le droit d’avoir un nom, une nationalité, une identité, le droit d’être soigné, protégé des maladies, d’avoir une alimentation suffisante et équilibrée. La Mauritanie reconnait également les droits de l’Enfant d’aller à l’école, d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation, d’être protégé contre toutes les formes de discrimination, d’avoir un refuge, d’être secouru, et d’avoir des conditions de vie décentes, de jouer et d’avoir des loisirs et celui d’avoir une famille, d’être entouré et aimé.

En revanche, ces droits stipulés dans la Convention des droits de l’Enfant ratifiée par la Mauritanie, et repris par la législation nationale, ne sont pas respectés dans la pratique.

En conclusion la situation des Droits de l’Enfant en Mauritanie n’est guère satisfaisante. Entre travail, racisme, violence et pauvreté, ces jeunes enfants sont bien loin de vivre dans la joie et l’insouciance dont les enfants ont besoin pour s’épanouir. Nombreux parmi eux passent leur journée à travailler durement dans les garages, les domiciles, à livrer l’eau à dos d’âne, à travailler dans les champs. Certains, sans abris sont livrés à eux-mêmes, vivant dans la rue, exposés à la drogue et à toutes autres formes de déviances.

Cette situation devra interpeller pouvoirs publics, société civile et tous les autres segments de la société.

Est-il si difficile de faire appliquer la loi pour sauver ces enfants innocents qui n’ont d’autre tort que d’être venus au monde dans une société peu encline à prendre la mesure du malheur qui les frappe ?

Ky

 

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