Nos Intellectuels et Technocrates hors-sol

Dieynaba Yéya Touré

Personne n’est exempt de reproches. Pour ceux qui pensent être au dessus de la mêlée, on patauge dans la même atmosphère putride qui sévit sous notre ciel poussiéreux.

C’est peut-être redondant mais vrai : j’adore Ma Mauritanie.  Pas la vôtre ni celle de tout un chacun.

 J’adore Ma Mauritanie. La seule où je Préside cette trinité : Conscience, Cri et Écrit.

Je vis dans ma tour de sable, pardon d’ivoire. Mais chose certaine, de là où je me situe, la vue est imprenable. Merci aux journées silences et à la solitude ancrée au cœur des réalités quotidiennes d’une citoyenne lamba en Observance. J’ai fait une trouvaille, depuis ma tour, qui pourrait s’inscrire comme-ci : ‘’ Intellectuels et Technocrates hors-sol’’

Ces intellectuels et autres technocrates sont imbus de leur stature. C’est mérité parce qu’ils sont grands, en parcours, en Curriculum Vitae en âge parfois. Mais chose certaine ou certitude ancrée, ils sont grands, avec cependant une constante ; pour eux-mêmes la remise en question est inutile et d’une aberrante nullité. Ils sont tellement grands et c’est grandement évident car intellectuels on a dit, et technocrates, ils sont de surcroît !

Qu’aucune marmaille n’imagine, ne s’avise pouvoir parler assez fort ou assez gros pour les atteindre ; pour être entendue de leurs oreilles sanctifiées de suffisance. Et si hautement perchées en éventail !

Mon postulat de départ est que je ne serais pas entendu. L’écho de ma plume ne vous atteindra point. Je vais tout ou presque me permettre. Je serai sans restriction aucune. Mon écho se dissipera dans les sables ardents de notre harmattan.

Toute ressemblance avec des faits ou vécus ne serait que réalités de simples mortels à la recherche de guidance.

Depuis bien longtemps déjà, on a compris qu’un intellectuel ne se salit pas les mains, il entretient une relation étroite avec son esprit. Il converse avec lui-même pour commencer à coups de bras de fer ! Oups de neurones à faire prévaloir ses analyses et ainsi devenir de facto un technocrate qui, selon Larousse, équivaut à un « Homme politique ou haut fonctionnaire faisant prévaloir les données techniques ou économiques sur les facteurs humains ». Le cœur n’y a pas de place !

On comprend mieux le pourquoi de nos intellectuels hors-sol. Ceux déconnectés de toutes réalités. Ils sont en apesanteur. L’absence presque de gravité terrestre a fait son effet. Ils planent !

La caporalisation de la pensée est la nouvelle réalité si l’on prend pour outils de sondage les réseaux sociaux. Il suffit d’identifier deux à trois intellectuels suivis à coups de sponsors ou presque et d’en faire le fil d’Ariane de nos positions et dispositions.

Nos intellectuels ont une capacité inouïe qui est celle d’être réellement concernés par rien mais occupés par TOUT. Ils prônent de comprendre, de savoir lire entre les lignes ou au-delà des évidences mais de ne jamais être rabaissés au niveau de monsieur tout le monde. D’avoir un degré de combat et une approche incomprise mais acceptable même au prix du forcing.

Aux douteurs et suspicieux, merci de se référer au CV plus long que le bras en plus du carnet d’adresses réel ou insidieusement sous-entendu.

Je dirais à l’ensemble de nos intellectuels qui se croient beaucoup trop TOUT pour un rien national, ne venez pas polluer nos luttes, nos combats, nos postures courageuses à travers nos moyens lilliputiens  du bord, par une quelconque légitimation des oppressions que l’on subies, de l’absolue iniquité qu’est la nôtre, par un ralliement tardif à une cause juste mais piétinée ; par un éveil de conscience tardif car voici venu le moment, pour vous,  de prendre votre part du gâteau « Mauritanie  » . Ce qui n’a de cachet que l’évidence de l’agenda personnel. Savamment orchestré et insidieusement mise en œuvre !

Lire aussi:  La Mauritanie est multiculturelle… N’en déplaise aux chauvins

Il est fatiguant de voir les pollueurs de causes justes s’ériger en donneurs de leçons au crépuscule de leur carrière professionnelle, avec une crasse fumante qui suinte de partout. Il y a toujours de la compromission à faire pour quelques vils avantages.

Que celui qui n’a jamais craché dans la soupe de la conscience sélective, sport national, qu’il en profite tant qu’il peut et vienne prendre sa part pour ne pas être déchu d’une pseudo-identité commune.

Que les aînés se rassurent, la transmission est bien ancrée ; la relève bien assurée. Les jeunes loups n’ont rien à envier à la technocratie. Les dents sont assez aiguisées et le sans-vergogne une compétence cardinale. Héritage devenu bijou de famille. Je dirai même plus, une fine intelligence.

A quoi bon gravir les marches quand l’ascenseur de la trahison n’est jamais en panne ?

Que signifie le courage et la persévérance quand la boulimie est le thermomètre social ? Tant pis pour les anorexiques !

En attendant l’avènement de vrais intellectuels et technocrates, cette fois-ci au sol, pour montrer la bonne voie. Celle de la clarté. Celle qui nous mènera inéluctablement vers plus de justice et d’égalité. En ce moment seulement, le peuple pourra suivre les yeux fermés. Et ma Mauritanie gagnera !

                                                                                                                                 Djeinaba TOURE

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